Fierté congolaise : il ne restait que le foot…

Il apparaît déjà peu probable que les Léopards dégustent, en 2018, du polougar, au bord de la Volga en dansant le kazatchov. A l’issue de la cinquième journée des éliminatoires du Mondial Russie 2018, et malgré une victoire contre la Libye, l’équipe de football de RDC stagne dans le groupe A, avec 3 points de retard derrière les Aigles de Carthage de Tunisie. En perspective de la dernière journée, l’arithmétique des bookmakers bat son plein, mais maximale est la pression et faible la probabilité de participer à la phase finale de la Coupe du monde.

La perspective des festivités sportives étant traditionnellement une diversion idéale pour les politiciens au pouvoir, le régime de Kinshasa ne doit pas se réjouir de ces résultats. Surtout que cette fois, les débats de débits de boisson attribuent déjà à l’éventuelle disqualification des raisons politiques. Et les échanges de se formaliser sur Facebook, autour d’une question lancée à la cantonade par Habari RDC : « Selon vous, la crise politique est l’une des raisons de notre future non qualification ? » Les internautes ne passent pas par quatre précautions oratoires : « Nous, avec nos crises, nos grèves, nos guerres et nos institutions illégitimes, on n’est pas fait pour aller en Russie », lapide Mëëk Mïll CG.

Oublions le foot, concentrons-nous sur les élections

Que le football soit l’œuf quand la politique est la poule – ou inversement – d’autres espèrent que cette absence de participation footballistique permettra aux Congolais de se concentrer sur l’essentiel : « Laissons les Tunisiens aller représenter l’Afrique valablement. Quant à nous, cherchons comment organiser les élections à la fin de cette année ! »

Le lien entre sport et vie politique nationale inspire à certains une déprime plus profonde encore. Une défaite en « balle au pied » ne serait que le naufrage du dernier objet de fierté nationale. Qu’est devenu le pays de Patrice Lumumba, Tabu Ley Rochereau et Pierre Ndaye Mulamba ? Lumumbiste ou pas, chacun se souvient de la réputation internationale du politicien intègre assassiné, alors que les hommes politiques actuels ne galvanisent plus les foules.

Au Seigneur Rochereau, le premier musicien africain à se produire à l’Olympia de Paris ont succédé des artistes dealers de « libanga » ou rosseurs de danseuses sur les parvis d’aéroports. Faut-il pleurer en voyant disparaître l’orgueil sportif ? Faut-il au contraire se réjouir de l’impossibilité pour le pouvoir de manipuler l’année politique à venir sur le ton de : « du pain et des jeux » ?

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