Florent Ibenge, ancien sélectionneur du leopard RDC football, Kinshasa, @Droits Tiers
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Florent Ibenge a su tirer son épingle du jeu

J’estime que Florent Ibenge, entraîneur des Léopards pendant cinq ans, a fait montre à la fois de courage et de sagesse. Quand il a senti le vent tourner, il a choisi de démissionner de son poste. Il a su tirer son épingle du jeu. Cela veut dire pour moi, savoir quitter le jeu à temps, après avoir bien joué.

Quel métier plein d’aléas que le métier d’entraîneur, métier qui a pourtant hissé Ibenge dans la dignité des héros nationaux de l’ordre de Kabila-Lumumba !

Il faut du courage et de la sagesse pour démissionner

Démissionner n’est pas dans les habitudes des Congolais, ni même des Africains en général. La plupart d’entre eux semblent ne pas connaître le verbe « démissionner » ou, du moins, ne pas vouloir le conjuguer. Surtout pas à la première personne du singulier de l’indicatif présent.

Ils se cramponnent à leur poste, à tous les niveaux, quels que soient les (mauvais) résultats, aussi bien en politique qu’en sport. C’est le fameux « j’y suis, j’y reste » de l’illustre Jean de Dieu Nguz-a-Karl i Bond. En politique, il n’y a eu que deux exceptions pour confirmer la règle : le prof Lunda Bululu, d’heureuse mémoire (il y a bien longtemps) et, tout récemment, le ministre de la Santé Oly Ilunga du gouvernement Tshibala.

En sport, je ne crois pas me tromper en affirmant que Florent Ibenge est le seul cas en son genre. Il n’a pas attendu d’être limogé ; un ami internaute a même employé le terme « viré ».

Ibenge a eu un réel pouvoir

Florent Ibenge a démontré à la face du monde qu’il n’est pas nécessaire d’être un entraîneur expatrié pour hisser au sommet l’équipe nationale de football de la RDC. Il a d’ailleurs battu le record de longévité de tous les entraîneurs du onze national congolais.

Le « sorcier congolais » du football a fait vibrer le cœur de tous les Congolais pendant longtemps. La RDC est devenue une grande nation de football africain et même mondial. C’est finalement l’équipe des Léopards qui était en train de cimenter l’unité nationale quand la politique rangeait curieusement les Congolais entre pro et anti changement.

C’est peut-être en sport plus qu’ailleurs qu’il y a des hauts et des bas. Et l’on tombe d’autant plus bas que l’on était monté plus haut. Et les supporters sont bien ingrats. Ils sont toujours enclins à oublier toutes les victoires passées et à ne retenir que les défaites présentes. Ils exigent plus, parfois trop des footballeurs qui ne peuvent rien changer à leur pauvreté ni à leur chômage ! Plus qu’ils ne l’exigent des politiciens censés prendre des actions radicalement positives pour tout le monde.

Un métier plein d’aléas

Quand l’équipe gagne, le mérite revient à l’entraîneur, et aux joueurs, bien sûr. Mais quand l’équipe perd, le seul baudet sur lequel on crie haro c’est toujours l’entraîneur. Ainsi est fait le cœur de l’homme. Florent Ibenge n’est pas le seul à être tombé dans la disgrâce.

Toutefois, l’histoire retiendra que Florent Ibenge aura été un très brillant entraîneur. Mais les Congolais retiendront-ils qu’il aura été un héros ?

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Au-delà du fait qu’il ait démissionné, son départ de la tête des Léopards était plus que prévisible après l’élimination de ces derniers à la CAN 2019. Je crois qu’il aurait été viré s’il n’avait pas démissionné. Mais aussi, faut-il le dire, une continuité à la sélection était tout de même possible !