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Et si on imposait le respect du SMIG en RDC ?

Depuis des années en RDC, le salaire minimum interprofessionnel garanti, SMIG, était de 1680 francs congolais par jour pour 1 dollar américain. Aujourd’hui, appelé SMIC, le G remplacé par C pour dire croissance, il est officiellement passé à 7075 francs congolais, soit près de 5 dollars américains depuis janvier 2018, mais son application n’a jamais été respectée par les employeurs.

Dans un pays avec un taux inimaginable de chômage, le patron paie ce qu’il veut et l’employé, heureux de décrocher un travail, ne rechigne pas. Même si le salaire ne peut en aucun cas couvrir ses besoins, un tien vaut mieux que deux tu l’auras, se dit-il. Peut-on espérer le respect strict du SMIC par le nouveau régime ? Or, si l’on respectait le SMIC,  le salaire minimum du Congolais serait de 150 dollars par mois. Mais la réalité sur le terrain c’est que certains employés sont payés même 30 dollars par mois, sans aucune prime, ni sécurité sociale, alors qu’ils doivent parcourir des kilomètres pour se rendre au travail.

L’impossibilité de vivre d’un salaire en RDC

Comment un père de famille peut-il payer les frais d’études de ses enfants alors qu’il ne touche qu’un salaire dérisoire ? Comment peut-il les élever adéquatement avec une minable rétribution ? Regardez Jacques par exemple, il a 5 enfants, dont 3 sont à l’école primaire et deux au secondaire. Il travaille comme gardien de nuit, mais son salaire n’atteint pas le 2/3 du SMIC. Pour scolariser ses enfants, les vêtir et les nourrir, Jacques doit faire d’autres petits boulots le jour. C’est l’unique façon pour lui de faire survivre sa famille.

Gabriel lui, travaille dans une boutique de vente de pagnes à Birere, le centre des commerces dans la ville de Goma. C’est à plus de 7 kilomètres de là où il habite. Il gagne 30 dollars le mois, mais pour se rendre au travail, il dépense la moitié de ce maigre salaire. Il doit payer 0,5 dollar par jour pour le transport. Pourtant, son employeur fait de juteux bénéfices. Gabriel doit recourir à plusieurs autres formules pour nouer les deux bouts.

Impossible d’épargner pour sa retraite

Tout employé est censé mettre en réserve une partie de son salaire pendant sa vie de travailleur. C’est pour assurer sa retraite et ses vieux jours. « On prépare sa retraite le premier jour du travail », dit-on. Mais cela n’est pas le cas pour de nombreux travailleurs congolais. Comment peut-on penser à son avenir quand les besoins de vie présents sont insatisfaits ?  Pour survivre, le travailleur congolais cumule plusieurs jobs, ce qui le fatigue vite et le pousse à la retraite plus tôt, sans avoir rien épargné pour ses vieux jours. C’est le triste paradoxe congolais. Le SMIC, reconnu depuis 2018, est à la limite de l’acceptable, l’imposer allégerait un peu la vie du travailleur congolais.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Nous souffrons beaucoup même sur tout nous qui travaille dans des entreprise chinoise le gouvernement doit vraiment lutte a ça

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