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Inspection générale des FARDC : la valse des « bad boys »

Gabriel Amisi remplace John Numbi au poste d’inspecteur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ni l’un ni l’autre n’est un enfant de chœur, si l’on en croit les chancelleries ou les ONG de défense des droits de l’Homme…

« Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin », dit un proverbe africain. Dans le même ordre d’idées : confie l’argent public à ceux qui ont suffisamment détourné pour ne plus avoir « faim » et la répression des bandits à ceux qui ont un profil équivalent. Est-ce dans cet esprit que le chantre du changement, le Fatshi suprême, s’en remet, pour les questions sécuritaires, aux personnalités controversées de cette ère Kabila dont il peine à se départir ? Il ne faudrait pas trop faire parler dans la « Grande muette », dernier rempart traditionnel des régimes déchus.

Inspecteur général des FARDC, un poste stratégique

C’est le général Gabriel Amisi Kumba, jusqu’alors chef d’état-major général adjoint chargé des opérations et renseignements que Félix Tshisekedi vient de nommer inspecteur général des FARDC, un poste qui concerne le contrôle de l’application de la loi, des directives et des instructions relatives au fonctionnement des forces armées, de la gestion des ressources humaines et matérielles, des dotations budgétaires, des performances et des capacités opérationnelles des unités ou encore de l’adéquation et de la fiabilité du matériel et des équipements. Poste stratégique s’il en est…

Si le projet du président de la République est de s’appuyer sur des hommes de poigne et d’expérience, il est indéniable que l’ancien officier des Forces armées congolaises a des poignets d’airain et qu’il traîne ses basques, depuis longtemps, dans les corps habillés congolais. Par contre, s’il s’agissait de rassurer des partenaires internationaux et la société civile inquiets de la tension sécuritaire constante sur une bonne partie du territoire congolais, c’est raté.

Gabriel Amisi, un obstacle à la paix et à la stabilité ?

Si « T-four » fait l’unanimité chez les promoteurs des droits de l’Homme, ce n’est pas pour son humanisme présumé… En vrac, Human Rights Watch ou les chancelleries occidentales évoquent une possible implication du général Amisi dans des entraves au processus électoral et dans la répression de manifestations en 2015-2016, dans le massacre et l’enlèvement de civils, lors d’une offensive anti-Maï-Maï en 2002, dans l’exécution du soldat Joe Lona Bifuko et dans la torture de prisonniers dans un centre de détention des renseignements militaires à Goma en 2001, dans le soutien récurrent aux groupes armés qui endeuillent une partie du territoire, dans des ventes d’armes à des groupes rebelles, dans l’exploitation minière illégale dans l’est du pays ou encore dans la commercialisation illicite de permis d’exploitation forestière.

Pour certains de ces faits présumés, le nouvel inspecteur général est considéré comme un obstacle à la paix et à la stabilité. Il est même formellement sous sanction des États-unis et du Conseil de l’Union européenne. Les plus blasés rappelleront que Gabriel Amisi remplace le tout aussi controversé général John Numbi Tambo Banza, bardé d’un palmarès qui comprend notamment des accusations d’implication dans l’assassinat de Floribert Chebeya et son assistant Fidèle Bazana et dans l’entretien de l’insécurité dans le Katanga. Est-ce que « pas pire », c’est « mieux » ?…

 

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