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Lettre ouverte au président Félix Tshisekedi

Monsieur le président, je voudrais ici, en toute humilité et dans un esprit patriotique, formuler à votre attention quelques recommandations sur les antivaleurs à éviter au cours de votre deuxième mandat. Le peuple a choisi de consolider les acquis, comme vous le lui avez demandé pendant la campagne électorale. J’ose espérer que votre nouveau gouvernement récompensera la confiance que ce peuple a placée en vous lors des élections du 20 décembre 2023.

Monsieur le président, permettez-moi de vous présenter les antivaleurs à combattre et à éviter coûte que coûte pendant votre deuxième quinquennat.

       1. La corruption et le détournement

La corruption est une antivaleur dans la gouvernance. Quel que soit le nom que vous pourriez donner à cela : rétrocommission, coop ou que sais-je encore… Lorsque les gouvernants sont impliqués dans des scandales de corruption et de détournement, ou lorsque ces maux sont largement répandus au sein du gouvernement, cela nuit à la confiance du peuple et donne l’image de gouvernants médiocres.

Mettez des gens qu’il faut à la place qu’il faut, et non sur la base d’arrangements politiques.

       2. Le népotisme et le favoritisme

Lorsque les gouvernants favorisent leurs proches ou leurs alliés politiques dans la composition de leurs cabinets au détriment des compétences pouvant servir le bien public, cela traduit dès le départ un signe de médiocrité dans la gouvernance. Le favoritisme peut conduire à des décisions injustes et à une mauvaise allocation des ressources. Sur ce point, je vous prie d’être catégorique avec vos futurs ministres.

       3. La mauvaise gestion des ressources naturelles

La mauvaise gestion des ressources naturelles est un problème majeur dans notre pays. La RDC est considérée comme un scandale géologique. Mais le vrai scandale c’est plutôt le fait que que les ressources naturelles ne bénéficient pas au peuple, sauf à une poignée d’acteurs politiques.

Lorsque les dirigeants ne parviennent pas à gérer efficacement les ressources du pays en faveur de l’ensemble du peuple, cela nuit au développement économique et social et traduit la médiocrité dans la désignation des gestionnaires des ressources.

       4. Les violations des droits de l’homme

Vous avez parfois affirmé ne pas être informé, notamment du mauvais traitement réservé aux enfants courageux de Beni-ville qui ont passé des nuits à la mairie pour avoir réclamé la paix. On a plusieurs fois critiqué l’incapacité de votre gouvernement à protéger les droits de l’homme et à garantir la justice pour tous les citoyens. De nombreux rapports font état d’abus des forces de sécurité, d’arrestations arbitraires et de violations de libertés publiques au cours de votre premier mandat. Cette fois, je vous prie de redorer au moins l’image de notre pays en matière des droits de l’homme dans votre deuxième quinquennat.

       5. Le manque de transparence et de redevabilité

Lors de votre premier mandat, j’ai admiré l’initiative du ministère de la Communication de faire des briefings de presse avec différents ministres en vue de rendre compte de leurs actions au peuple. Malheureusement, cela n’a pas suffi. Car cet exercice n’existe pas dans nos provinces. Les gouverneurs des provinces n’ont pas montré qu’ils sont redevables dans leur gestion, et rien ne garantit qu’ils le seront au cours de votre second mandat.

Je voudrais ici rappeler que vous aviez promis de les évaluer trimestriellement. Si vous pouvez cette fois-ci tenir vos paroles, Monsieur le président ! Car, lorsqu’il n’y a pas de transparence dans la gestion des provinces, cela alimente les soupçons et le mécontentement du peuple. Cela renvoie l’image des gouvernants médiocres.

Ainsi, Monsieur le président, si vous travaillez sur ces aspects, je l’espère, votre second mandat pourra placer notre pays sur le chemin du développement et d’une démocratie modèle. Cela favorisera la confiance envers les institutions du pays.

 

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