Serviette hygiénique pour les règles des femmes
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Les menstrues, et si on en parlait ?

J’ai eu mes premières règles assez tôt, à 11 ans, alors que la plupart de mes amies ne l’avaient pas encore. Je me souviens encore de ce jour comme si c’était hier. Cela m’est arrivé alors que j’étais à un arrêt de bus pour rentrer à la maison après l’école. C’était la première fois. Pas de douleur le jour d’avant, pas de boutons suspects sur le visage…

C’était comme si mon corps vibrait et me parlait avec un nouveau langage. Et comme le transport en commun était difficile à trouver, au fur à mesure que je trainais à cet arrêt de bus, j’ai commencé à sentir  ma petite culotte se mouiller. Sans vérifier, j’ai directement pensé à ça. Ça ne pouvait qu’être ça. Hum, les tomates étaient mûres ! À l’école avec mes amies, on ne disait jamais le mot « menstruation ou règles ». On empruntait souvent une expression codée pour nommer cela.

Beaucoup utilisent un mot de passe

En famille, à l’école, au travail, dans les églises, on ne parle presque jamais de menstrues. C’est tout un scandale quand la jupe d’une fille est tachée de sang. Pourtant, il est très souvent difficile de s’approvisionner en serviettes hygiéniques dans les écoles congolaises.

Je me rappelle que pendant longtemps, on en parlait avec honte. Aujourd’hui encore, beaucoup utilisent un mot de passe ou un code pour nommer les règles. Ces surnoms ne sont pas souvent positives, on dit : « Les tomates sont mûres, les ragnagnas, les Anglais ont débarqué, les intrus, les nouveaux visiteurs, les Indiens ont débarqué, etc. »

Mais pourquoi tous ces pseudos ? Certes il s’agit d’une question intime, cependant, je pense qu’on ne devrait pas avoir honte de s’excuser au travail lorsque nos règles sont douloureuses et nous empêchent de marcher ou même de nous tenir debout. On ne devrait pas avoir honte d’en parler dans les écoles non plus.

Il faut en parler parce que la plupart des femmes se souviennent de leurs premières règles, mais très souvent comme un mauvais souvenir car elles n’y étaient pas préparées par leurs mères, sœurs ou proches.

Je me rappelle que quand j’ai eu mes règles pour la première fois, je n’ai pas eu de mode d’emploi à ma portée. J’ai entendu dire que j’étais à présent capable de procréer et que je devais fuir les hommes… Mais qu’en est-il de l’hygiène menstruelle ? Sait-on par exemple quelle protection hygiénique utiliser ? Laquelle est adaptée à notre flux ? Après combien de temps doit-on s’en débarrasser ? où les jeter ? Y-a-t-il des protections hygiéniques disponibles pour les femmes dans les sanitaires des écoles ou au travail ? Briser le tabou des menstruations permettrait d’améliorer la santé des femmes.

Un morceau de pagne comme serviette hygiénique

Audrey Kabanga, ambassadrice de la santé sexuelle et reproductive s’est rendue dans un îlot sur le fleuve Congo à 30 minutes de la Cité du fleuve. Elle déclare : « Certaines jeunes filles ne connaissent pas la bande hygiénique à cause de la pauvreté dans laquelle elles vivent. Lorsqu’elles ont leurs règles, elles passent la moitié de leur journée dans l’eau, utilisent un morceau de papier ou un pagne au risque d’avoir des infections. »

J’ai posé la question « les règles on en parle ou pas ? » Il y a quelques semaines dans un groupe de discussion de femmes sur WhatsApp, j’étais surprise de savoir que certaines n’en parlent même pas avec leurs maris. L’une d’entre elles a déclaré : « En famille, on n’en parle pas. Je dis juste à mon mari que j’ai mes règles et ça s’arrête là, les douleurs qui vont avec, et les sauts d’humeur je les gère seule. »

Pour agir il faut déjà oser en parler, à la maison, à l’école, au travail sans gêne pour briser le tabou sur les menstruations. Si aujourd‘hui on peut se permettre de parler de plusieurs sujets qui dérangent, pourquoi ne pas parler des menstrues ? Agir c’est aussi mettre à la disposition des filles et des femmes des protections hygiéniques de qualité.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Meme vous qui avez ecrit l article et Le publier je suis sur vous en avez filtrer certains termes ou mmes autres contenue qui peut herter Notre sensibilite social, c est de la mme maniere Les autres couches sociales Dan’s nos communautes (eglises, ecoles, famille )plarle de cela. Nos contextes locaux ne sont pas encore a la hauteur de traiter tout l sujet a haute voix ne nous voilons pas la face. Car l auteur parle de son experience mais derriere Elle, j imagine Des critiques qu Elle essuie de ces amies mais en cashette. Encore un grand travailer a faire pour deconstruire ces mythes et tabous, j espere Habari changera le societe avec ces sujets un peu osés Dan’s Notre contexte local.

  2. Bon sujet et cela doit changer nos habitudes pour aborder ce thème avec ouverture d’esprit car c’est un fait que la nature humaine détermine et donc pourquoi en avoir honte ?