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Les paroisses catholiques, boucs émissaires de l’accord du 31 décembre

Paroisses pillées, objets liturgiques profanés, menaces de mort contre les prêtres et les religieuses, voilà le sort de l’Eglise catholique dans plusieurs villes de RDC. Pour exprimer leur ras-le-bol face à l’impasse politique actuelle, les Congolais n’hésitent plus à commettre des sacrilèges.

Il y a quelque temps, nul ne pouvait s’imaginer l’Eglise catholique être prise pour cible en RDC. Aujourd’hui, la médiation qu’elle mène entre majorité et opposition lui vaut d’être mal comprise par des Congolais déçus par la non application de l’accord du 31 décembre.

Série d’attaques

Dieu a-t-il lâché l’Eglise universelle ? Les cas d’attaques contre les paroisses catholiques ne sont plus à compter. La dernière en date remonte à vendredi 10 mars dans le Kasaï-Central. De jeunes miliciens de Kamwina Nsapu s’en sont pris à des écoles et à un couvent de religieuses à Kananga. Ils exigeaient la  nomination de Félix Tshisekedi au poste de Premier ministre. C’est également au Kasaï-Central que ces miliciens avaient pillé le grand séminaire de Malole, mettant les prêtres et les étudiants en débandade.

Même scénario dans d’autres provinces du pays. Au moins quatre paroisses de l’Eglise catholique ont été vandalisées en l’espace d’une semaine. C’est notamment la paroisse Saint-Dominique à Kinshasa, Saint-Robert à Mbujimayi et la paroisse Sainte-Marie à Lukalaba, localité située à plus ou moins 60 km de Mbujimayi. Une autre attaque a eu lieu à Lubumbashi. Toutes ces paroisses ont été saccagées, les portes cassées, les bancs détruits, les autels profanés et quelques objets sacrés ainsi que plusieurs livres liturgiques emportés. L’Eglise catholique est en danger.

Le mobile des attaques

Les Congolais accusent la Cenco de jouer le jeu de la majorité présidentielle en faisant tirer en longueur les négociations du centre interdiocésain. Ce soulèvement anti-catholique serait motivé par le ras-le-bol et la crainte de voir l’accord du 31 décembre tomber en désuétude. Certains dans la population souhaitent que les évêques rendent carrément le tablier dans ces négociations, afin que le peuple se prenne lui-même en charge. Beaucoup pensent que la tension et les émeutes populaires généralisées de décembre dernier, auraient pu emporter Kabila si la Cenco n’avait pas fait signer l’accord de la Saint-Sylvestre.  

Si la Conférence épiscopale nationale du Congo veut réussir sa médiation, elle doit éviter les erreurs du dialogue de la Cité de l’Union africaine. Les évêques ont bien commencé ces travaux ; ils peuvent aussi bien les clôturer, et soigner l’image de notre Eglise en RDC.

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