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Prostitution : ces gamines qui défient la pudeur

De plus en plus, la dépravation des mœurs gagne de terrain à Agadez. Des filles à peines sorties des langes de l’enfance s’adonnent à la prostitution. Rien ne les arrête. Ni la peur des maladies. Ni l’offense à la morale. Comment expliquer cette situation ?  Que faire pour y remédier ? Reportage

Samedi soir à Agadez. Par petits groupes, des jeunes de tous âges convergent vers le centre-ville. Tous répondent à l’invitation du tonitruant orchestre « Mazan Daga de l’Aïr ». Devant la salle du spectacle, des groupes de jeunes se bousculent. De l’autre côté, une grande terrasse les attend. A l’intérieur, des scènes obscènes s’y passent. Des voix cassées reprennent en chœur des refrains de l’orchestre. Le chanteur, dès qu’il cite un nom, il est soudain arrosé de billets de banque. L’intéressé lui manifeste ainsi sa générosité. Des fois, des cris de joie dominent les rythmes endiablés que crachent les baffles. Un peu plus loin, des volutes de fumée se mêlent à l’odeur de l’alcool ambiant. Sur la piste des couples s’enlacent. Des mains se cherchent. Se trouvent. Des corps frêles se trémoussent en narguant des compagnons bourrés de bière pour certainement masquer l’odeur insidieuse de la marijuana.

Malgré le froid cinglant, des fillettes à peine vêtues courent dans tous les sens, laissant échapper malencontreusement leur bouteille de bière presque vide. Une technique peut-être pour se faire payer une autre.

Ces fillettes n’ont aucune pudeur. Elles croquent leur âge à belles dents. Heureuses de vivre sous le voile de la nuit, telle des chauves-souris. La majorité d’entre elles ont entre 13 à 15 ans. Pire, analphabètes pour la plupart ou très tôt chassées de l’école. « Certaines ont déjà contracté une grossesse non désirée et abandonné l’enfant à l’amour des grands-parents », explique Issaka, un jeune taxi-moto qui dépense sa recette de la journée tout en se « rinçant » les yeux. « Elles ne viennent pas pour le spectacle seulement mais gagner un compagnon capable de leur donner un peu d’argent après une passe », détaille Issaka.

 

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*Cet article est publié dans le cadre du projet Naila (Nouveaux acteurs de l’information en ligne en Afrique). Il s’agit d’un projet de CFI comprenant 11 médias africains dont Habari RDC.

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