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La RDC, un pays de musiciens : quid des autres artistes ?

Le président de la République a récemment nommé deux personnalités du monde musical à la tête du Fonds pour la promotion de la culture (FPC) : Barbara Kanam et Didier Masela. Ces deux artistes musiciens ont pour mission de promouvoir la culture congolaise dans toute sa diversité. Mais, ne vont-ils pas privilégier uniquement leur domaine qui est la musique ?

La culture congolaise ne se limite pas qu’à la musique, même si celle-ci occupe une place importante dans le paysage artistique national et international. C’est un peu comme le football qui éclipse les autres sports, alors que les basketteurs sont performants, les boxeurs ont le vent en poupe, les judokas, etc. Mais ils sont négligés.

Le Congo regorge de talents dans d’autres disciplines culturelles, comme la littérature, le théâtre, le cinéma, la peinture, la sculpture, etc. Ces disciplines sont souvent négligées ou marginalisées par les pouvoirs publics et les médias. Le FPC ne va-t-il pas reproduire le même schéma avec ses deux responsables musiciens ? Telle est ma crainte.

Jeux de la Francophonie :  une affaire de musiciens ?

Tenez ! Un exemple flagrant est celui des jeux de la Francophonie, qui auront lieu à Kinshasa du 28 juillet au 6 août 2023. Ces jeux sont le seul événement sportif et culturel international, en langue française, dédié à la jeunesse. Ils regroupent plus de 3000 jeunes artistes et sportifs, issus des 88 États et gouvernements de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Or, parmi les concours culturels programmés aux jeux de la Francophonie, on trouve des disciplines comme la chanson, le conte, le hip-hop, la création numérique, la photographie, les arts visuels, etc. Ces disciplines sont autant d’occasions de mettre en valeur la richesse et la diversité de la création francophone et congolaise. Elles peuvent aussi servir de tremplin aux jeunes talents, en ce sens qu’elles offrent une visibilité internationale et une opportunité de débuter une carrière professionnelle.

Mais ces disciplines sont-elles suffisamment soutenues et représentées par les autorités congolaises ? Les artistes qui y participent bénéficient-ils des mêmes moyens et du même accompagnement que les musiciens ? Les médias leur accordent-ils le même intérêt et la même couverture ? Déjà pour promouvoir les jeux de la Francophonie, ce sont les musiciens et les artistes comédiens de la capitale qui sont sollicités, alors que le Congo compte 26 provinces et plusieurs disciplines artistiques. Certaines vont compétir à ces jeux, mais elles sont oubliées.

Il est temps que la culture congolaise soit reconnue et valorisée dans toute sa diversité. Il est temps que les artistes de toutes les disciplines puissent bénéficier du soutien et du respect qu’ils méritent.

 

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