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Rentrée scolaire : bras de fer entre les commerçants et les écoles à Goma

Le 05 septembre, 18 millions d’enfants ont repris les chemins de l’école à l’occasion de la rentrée scolaire 2016-2017 alors que le pays traverse une crise politique et économique sans précédent.Alors que d’ordinaire les parents d’élèves s’approvisionnent en fournitures chez les commerçants, cette année, beaucoup d’écoles ont obligé leurs élèves à acheter des fournitures vendues par l’établissement. 

La crise politique qui se déroule en RDC, depuis que le train électoral a commencé à déraillé, s’accompagne d’une volatilité du taux de change et de l’insécurité dans la région de Béni, aggravant un climat économique déjà fragile et dont les répercussions se font ressentir jusque dans les salles de classe.

La semaine dernière, un climat de méfiance s’est observé sur le marché de vente de fournitures scolaires à Goma.  Et pour cause, les chefs de différents établissements scolaires ont obligé les parents d’élèves à acheter les fournitures (cahiers, stylos, uniformes, chaussures) directement dans les établissements.

Récupération économique de la rentrée scolaire

« Ne pas obtempérer avec cette décision rend votre enfant inadmissible car ne remplissant pas les critères d’inscription ! » déclare furieux un parent, qui avait déjà passé une commande d’uniformes auprès d’un couturier et acheté des fournitures à crédit à un commerçant.

Au lieu de se concentrer à la préparation pédagogique de la rentrée scolaire, plusieurs chefs d’établissements publics et privés se sont déguisés en intermédiaires afin de vendre des fournitures scolaires.

Une initiative, qui aurait pu être saluée par les parents si les gestionnaires d’établissements n’avaient pas gonflé les prix. À titre d’exemple, une tenue scolaire coûte entre 8 et 10 dollars sur le marché tandis qu’elles sont revendues dans les écoles entre 20 et 30 dollars.

Cette nouvelle tendance s’explique en partie par le fait que les écoles congolaises génèrent leurs revenus grâce aux primes que les parents payent à titre de minerval pour que leurs enfants puissent étudier. Au retour des vacances, les caisses de nombreux établissements étant vides par manque de financements publics, les directeurs d’école veulent à tout prix générer des ressources financières pour survivre à cette rentrée scolaire et pouvoir payer leur personnel éducatif toute l’année.

De leur côté, les commerçants crient à une escroquerie orchestrée par les écoles sous la bénédiction de l’État, par le biais du ministère de l’Education et de l’Economie qui n’a donné aucune instruction claire afin de réguler les ventes de fournitures par les établissements.

Basses manœuvres politiciennes

Les politiciens, eux, ont choisi la rentrée scolaire pour s’affronter. « Le Rassemblement des Forces acquises au changement » a appelé à une journée sans école ce lundi afin d’exiger la tenue d’un dialogue politique inclusif, et pour demander l’amélioration du niveau de l’éducation et des conditions de travail du personnel enseignant.

Mais la majorité présidentielle au pouvoir depuis 2006 a appelé à une rentrée scolaire effective, jugeant de « crime contre les droits de l’enfant » l’appel lancé par l’opposition.  En panne de stratégies pour justifier leur incapacité à trouver des vraies solutions aux problèmes du peuple, la classe politique  congolaise (opposition et majorité) est prête à grimper sur tout porte-étendard pour paraître et faire du bruit. Maximisez les stratégies pour votre visibilité, mais ne touchez pas à nos enfants !

 

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