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Les routes électorales de Goma 

Un bon nombre d’artères de la voirie de Goma sont actuellement asphaltées. Curieusement, toutes ces routes sont construites dans le contexte électoral. Quand un épisode électoral s’annonce, les travaux s’accélèrent.

Lors de la fête de l’indépendance de la RDC le 30 juin à Kindu, le président Joseph Kabila annonce le début de l’enregistrement de nouveaux électeurs. Quelques jours après, le maire de Goma lance la construction du tronçon « BDGL-aéroport », qui était en attente depuis plus d’une année.

Au même moment, le gouverneur de la province autorise l’asphaltage des axes : « entrée président-Terminus », et la route qui mène vers le gouvernorat, où se trouve son bureau. Les travaux sur ces routes avaient été lancés il y a longtemps, mais attendaient seulement une motivation électorale pour encourager les habitants la ville à aller bien voter.

La construction des routes à Goma débute toujours convenablement, mais lorsque les élections sont passées, tous les travaux s’arrêtent ! Ils sont repris lorsqu’une nouvelle étape électorale approche. C’est pourquoi certains taxis-motos à Goma ont surnommé ces voies reconstruites, « des routes électorales ».

Le kilomètre témoin

C’est le 30 juin 2014 que Goma a inauguré sa première route, construite par le gouvernement provincial actuel. Cette route de 1km, part du rond-point Instigo jusqu’à la station service Mutinga, au nord de la ville. 

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a surnommé cette route : « Le un kilomètre témoin ». Ce qui signifie : une route modèle remplissant les standards de construction. Et pourtant avant ça, son nom était « Kibarabara », c’est à dire une route en mauvais état.

Mais selon certaines opinions, le choix même de cette route n’est pas le fruit du hasard. Ce coin est considéré comme le fief électoral de l’autorité provinciale. Ribenx Mikindo est un habitant de Goma et estime que « cette route n’a pas la même importance que la principale route qui quitte le centre-ville jusqu’à Sake ». La cité de Sake est à plus de 10 km à l’ouest de Goma.

Des routes meilleures à l’Est

En effet, lorsque je fais  un tour  à Goma,  je constate que les bonnes routes se trouvent  au nord-est de la ville, là où habite la majorité de la population commerçante et riche. Dans les quartiers de l’ouest par contre, dans la banlieue, les routes sont inachevées, toujours en construction. Elles constituent un calvaire pour les usagers. Il faut être robuste pour résister aux secousses sur l’un des tronçons de la principale route de Goma ; celui qui va de Katindo jusqu’au quartier Ndosho. Quand il pleut, c’est encore pire ! 

Pendant la saison sèche, l’ennemi farouche sur ces routes fantômes en construction : c’est la poussière. Elle attaque les passagers, même dans les bus de transport en commun. 

Même si le gouvernement provincial se plaint chaque jour de l’inattention du gouvernement national sur la rétrocession, ces routes avancent tant bien que mal, contrairement aux axes de portée nationale qui stagnent toujours. Les autorités locales ont évidemment intérêt à soigner leur image, car elles sont jugées par la population par rapport à ce qu’elles font réellement.

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