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Sauver les filles de Tenke du mariage précoce

Les mariages précoces se multiplient parmi les communautés voisines des carrières minières artisanales. A Tenke, dans le Lualaba par exemple, les jeunes filles subissent de fortes pressions des creuseurs artisanaux de cuivre et de cobalt.

Tenke, cité minière à mi-chemin de la ville de Kolwezi, dans le Lualaba. Une jeune fille sort d’une petite maison qui n’est autre qu’une hutte faite en tissu de sacs. Tamis et gros bassin à la main, elle va nettoyer les minerais : séparer les pierres précieuses du gravier, un travail que les creuseurs artisanaux confient souvent aux femmes et aux enfants.

A 15 ans, bientôt mère dans les mines

La jeune fille, qui n’a qu’une quinzaine d’années est mariée à un creuseur. Elle est en ceinte. Une grossesse qu’elle dissimule dans une longue robe bleue. Cela n’étonne personne à Tenke, ainsi va la vie là-bas. Depuis que cette cité est envahie par les creuseurs, « les mariages précoces sont devenus des pratiques courantes », affirme une habitante de Tenke. Les filles « sont offertes en mariage par leurs propres parents », sans tenir compte de leur jeune âge.

Cette situation est une des conséquences de la forte promiscuité entre creuseurs et jeunes filles dans les carrières minières. Leurs logements n’ont rien pour garantir l’intimité d’une vie conjugale. En plus, les prostituées ont investi les lieux à la recherche d’argent. Le sexe perd de son tabou habituel dans cette partie de l’ex-Katanga.

Besoin d’éducation à la sexualité

Apporter aux jeunes filles des informations essentielles sur leur vie sexuelle, peut leur permettre d’éviter de perdre leur jeunesse pour de l’argent. Les creuseurs, dans cette région rurale ravagée par la pauvreté, font rêver les femmes en raison des petits moyens qu’ils ont. Mais lorsqu’une carrière vient à être fermée, les filles se retrouvent seules avec leurs enfants. Difficile parfois d’avoir les informations sur la destination de leurs maris.

Ces grossesses précoces et souvent non désirées perturbent la croissance de la jeune fille ainsi que sa psychologie. Plus grave, dans le Katanga, le taux d’infection au VIH Sida compte parmi les plus élevés autour de l’activité minière. Ces filles sont donc en danger.

Sauver les jeunes filles de Tenke

Les parents ont, dans leur charge éducative, la lourde responsabilité de la santé sexuelle de leurs enfants. Mais dans un contexte de pauvreté généralisée, nous savons à quel point les parents perdent le contrôle sur leurs enfants.

L’école n’attire pas assez. Au contraire, elle perd filles et garçons, au profit des carrières. En plus, l’école ne résout rien rapidement quand on a faim. Elle donne plutôt des promesses lointaines et difficiles à comprendre en milieux rural et pauvre. D’où la responsabilité des pouvoirs publics, mais aussi des organisations de la société civile, de sensibiliser ces populations. Les jeunes filles y perdent leur enfance et leur avenir.

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