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Tshibangu Kalala : « Un opposant qui entre au gouvernement cesse d’être opposant »

L’ex-opposant Tshibangu Kalala est aujourd’hui ministre près le Premier ministre. Dans une interview avec Habari RDC, il affirme qu’on ne peut être membre du gouvernement et s’opposer au chef de l’État. Pour Tshibangu Kalala, l’organisation des élections c’est l’affaire de la Ceni et non du gouvernement.

Avant d’être nommé ministre, professeur Tshibangu Kalala a été l’avocat de l’État congolais dans le contentieux territorial ayant opposé la RDC à l’Ouganda. Il a été mis en prison pour avoir refusé de remettre à l’État les documents liés à cette affaire. Il exigeait que l’État lui paie ses honoraires. À sa sortie de prison, professeur Tshibangu Kalala est passé dans l’opposition avant de rejoindre le gouvernement Tshibala en qualité de ministre près le Premier ministre. Il répond aux questions de Habari RDC.

Habari RDC : Professeur, depuis que vous êtes au gouvernement, votre discours a changé. Vous ne vous attaquez plus au chef de l’État comme vous le faisiez dans l’opposition. Pourquoi ?

Tshibangu Kalala : Quand on entre dans le gouvernement, on cesse de représenter un parti politique. Nous étions des opposants, mais quand nous entrons au gouvernement, nous ne pouvons plus faire opposition. Contester les ministres, s’opposer au Premier ministre, combattre le chef de l’État… On ne peut pas le faire tout en étant dans le gouvernement.

Le gouvernement que nous avons aujourd’hui est comme notre équipe nationale de football, les Léopards. Quand on vient dans l’équipe nationale, on cesse d’être Mazembe, Sanga Balende, Vita-Club ou Renaissance. On représente toute la nation. Bref, le discours que nous tenions dans l’opposition, c’était un discours bon pour l’opposition. Maintenant que nous sommes au gouvernement, nous ne faisons pas l’opposition dans le gouvernement pour combattre la politique du gouvernement. Ce serait comme scier la branche sur laquelle vous êtes assis ! Ce que nous devons faire c’est de prendre les revendications que nous avions lorsque nous étions dans l’opposition pour les réaliser au gouvernement.

Quand nous étions des opposants, nous demandions que de bonnes élections soient organisées dans le pays, et quand nous entrons au gouvernement, nous faisons tout notre possible pour organiser de bonnes élections. Nous demandons que les travailleurs soient bien payés et que la population ait l’eau et l’électricité. Donc le gouvernement du Premier ministre Bruno Tshibala est là pour travailler pour la population et pour faire avancer le pays. Nous les membres du gouvernement nous devons nous respecter et respecter le chef de l’État. Nous ne sommes pas au gouvernement pour nous combattre les uns les autres.

Le Premier ministre Bruno Tshibala promet les meilleures élections que le pays n’ait jamais connues, pourtant la Ceni affirme que les élections ne sont pas possibles cette année.  Que doit retenir la population ? Y aura-t-il des élections cette année ou non?

Organiser les meilleures élections que le pays n’ait jamais connues comme l’a dit le Premier ministre, c’est bien le travail que nous sommes entrain de faire. Le Premier ministre a dit la vérité. Nous ne sommes pas venus au gouvernement pour y rester cinq ou dix ans. La plus grande mission de notre gouvernement, c’est d’organiser les élections. Les élections que nous devons organiser cette fois-ci doivent être telles qu’à l’issue de la publication des résultats, il n’y ait pas de contestations, de guerres ni de troubles.

Il est vrai que nous nous étions fixé l’objectif d’organiser ces élections d’ici décembre 2017, mais vous savez que l’organisateur des élections c’est la Ceni et non le gouvernement. Cependant l’accord du 31 décembre prévoit que la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord puissent se concerter pour voir les étapes franchies et celles qui restent à faire et c’est alors que la Ceni peut publier un calendrier électoral. C’est la Ceni qui peut nous dire si elle peut organiser les élections cette année ou l’année prochaine. La publication du calendrier électoral ne concerne pas le gouvernement. Nous ne voulons pas nous mêler des attributions de la Ceni. C’est le Conseil national de suivi de l’accord, dirigé par Joseph Olenghankoyi, qui a pour mission de s’assurer que la Ceni fait bien son travail, que l’accord est respecté et que le gouvernement a donné des moyens à la Ceni.

Joseph Kabila est inéligible depuis la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. A-t-il déjà choisi son dauphin pour la prochaine élection présidentielle ?

Le chef de l’État était ici à Mbujimayi il y a quelques jours. Pourquoi vous ne lui avez pas posé cette question ? Vous dites qu’il n’a pas l’habitude de parler aux médias, mais moi je ne peux pas répondre à sa place ! Attendez le jour où le chef de l’État reviendra à Mbujimayi, vous lui poserez cette question.

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