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Le vivre ensemble mis à mal par les régionalismes à Lubumbashi

Jusqu’à l’arrivée du colonisateur belge, le vivre-ensemble au Congo s’exprimait dans le cadre de la tribu et de l’ethnie. Les gens s’identifiaient à leurs origines. Mais déjà, avec les empires et royaumes (Kongo, Lunda, Kuba, Luba…), de nombreux peuples avaient l’idée d’une nation, bien au-delà des tribus et villages. Plus tard vint le colonisateur qui a structuré le territoire et en a fait un État centralisé.

Il est inutile de rappeler qu’à l’époque les Congolais savaient déjà vivre ensemble entre eux, et vivre ensemble avec l’autre, l’étranger. On l’appelle Mutoka mbali, pour dire l’étranger en swahili. Mais ceci ne s’applique généralement qu’à l’étranger menaçant, qui ne rassure pas. Car l’autre étranger, le gentil, est accueilli comme frère. En tshiluba on dit : « mwene mutumba mmwanetu. » Pour dire, le voisin est notre frère ou notre sœur.

Ce voisin est dans le village, dans la contrée, il est proche. Malgré les luttes, les voisins se sont parfois coalisés, ou ont accepté de se soumettre à un chef puissant, et de vivre dans une nation sans s’y diluer complètement. Le régionalisme, peut alors être entendu comme la reconnaissance des individualités, et non pas comme l’exclusion de l’autre, étranger.

Régionalismes déviants

Mais aujourd’hui, tout cela tend à être oublié, le plus souvent, à cause de luttes de positionnement politique. Un peu comme la veille de l’indépendance, où les leaders politiques étaient avant tout leaders portés par leurs ethnies. Je pense aux événements de 1990 : le refoulement des Kasaïens du Katanga vers les terres d’origine de leurs aïeux. Je pense également aux événements Banyamulenge dans les Kivu ayant servi de mobiles à des violences malheureuses.

Aussi, je pense à Lititi mboka, ce prétendu massacre d’étudiants sur le campus de l’Université de Lubumbashi, sur fond de luttes tribales entre étudiants (quand bien même ce massacre n’aurait pas véritablement existé dans les faits. C’est trop discutable, mais on ne nie pas une chose : les rivalités régionalistes entre étudiants en cette année (1991-1992). Je pense à ce qui risque de se passer, si l’on n’y prend garde, depuis le redécoupage territorial de 2015. Katangais et Katangais rivalisent entre eux dans les nouvelles provinces nées de l’ancienne capitale économique du Congo.

Le vivre-ensemble, pourquoi faire au Congo ?

Le vivre-ensemble, simplement parce que seules, les équipes et les nations sont limitées. Enfermées et repliées sur elles-mêmes, les nations causent des drames. Le nationalisme au sens occidental, en effet, est exclusif et non inclusif. Cela crée des frustrations, des inimitiés, des injustices, des révoltes, des violences.

Ce qu’il faut, c’est s’unir et ensemble, lutter contre le mal. Ce mal a plusieurs noms : c’est la pauvreté, la violence, le refus de l’autre. C’est pour cela que la Constitution congolaise veut un pays unitaire, même s’il est décentralisé. Décentralisation dans l’administration, dans la gestion et non dans le vivre-ensemble.

 

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