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Les 4000 déplacés oubliés du camp de Mubimbi

Le camp de déplacés de Mubimbi existe depuis 2007 près de la localité de Buganga au Sud-Kivu. Début 2017, plus de 350 ménages ont été recensés dans ce camp, soient environ 4000 personnes qui vivent actuellement sans aucune assistance.

Ces déplacés sont pour la plupart originaires de Mweso, Bufamando, Buriko, Ziralo et de bien d’autres villages des deux Kivu.

Une femme déplacée et son enfant devant leur hutte au camp Mubimbi

Toutes ces personnes ont fui des affrontements récurrents entre groupes armés dans ces localités des deux provinces du Kivu.  

Des déplacés entrain de puiser de l’eau a la borne fontaine au centre du camp

Les déplacés ne peuvent pas retourner dans leurs villages avant l’éradication effective des groupes armés qui y opèrent. Au nombre de ces groupes armés figurent les Maï-Maï APCLS (Alliance des patriotes  pour  un Congo libre et souverain), les Nyantura, les FDLR ou encore les Maï-Maï Kirikitsho.

Des femmes déplacées devant une hutte au camp Mubimbi

Dans le camp, on vit au jour le jour

Sans assistance du gouvernement ni de ses ONG partenaires, ces déplacés vivent de la débrouillardise. Certains grâce à la culture maraîchère autour de leurs petites huttes,  d’autres se font engager par les habitants locaux pour exécuter de lourds travaux des champs. Grâce à ces activités, ils sont rémunérés en espèces, et parfois ils négocient une petite partie de la récolte.

 Un petit dispensaire au centre du camp de Mubimbi construit par l’église ECC

Ndabateze Gasasire est président du camp de Mubimbi depuis 2009. Lui-même, un déplacé, a tenté de retourner dans son village de Mweso en 2012, mais sans succès. Il est de nouveau retourné dans le camp suite à la reprise des affrontements. « D’autres familles qui étaient retournées dans leurs villages respectifs ont également regagné le camp de Mubimbi », explique le déplacé Ndabateze.

Dans le camp, la souffrance est partout. Les déplacés se sentent oubliés, comme le déclare Ndabateze : « Nous recevions l’aide des humanitaires jusqu’en 2013. Depuis, nous sommes abandonnés. Seule l’Eglise du Christ au Congo (ECC) assiste les plus vulnérables d’entre nous dans le domaine sanitaire. »

Une déplacée sèche le manioc devant sa case  en vue d’obtenir de la farine

Nabatsha Kanyama est une déplacée venue de Bufamando au Nord-Kivu. Elle est ici depuis 2011. Infirme, elle n’est pas capable de faire de lourds travaux. Elle se limite à entretenir des petits jardins potagers appartenant à son mari, non loin du camp. Pour elle qui était propriétaire de plusieurs bananeraies dans son village, seule la paix apportera une solution à leurs difficultés. « Les ONG n’y peuvent rien. La preuve, elles ne viennent plus à nous, elles sont fatiguées. Nous voulons la paix et rien que la paix dans nos villages pour que nous puissions y retourner », lance-t-elle désespérée.

Un petit jardin potager dans le coin du camp

L’échec  du gouvernement congolais à mettre fin aux groupes armés est source de déplacements des populations. Au Nord-Kivu, certains habitants du Rutshuru ont été déplacés par des guerres plus de trois fois ces dix dernières années. Et la demande de ces déplacés reste la même : ramener la paix dans leurs villages pour leur permettre de rentrer.

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