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L’interpellation de Jean-Marc Kabund viole-t-elle la liberté d’expression ?

Lors de sa sortie médiatique du 18 juillet 2022, Jean Marc Kabund a fait des révélations accablantes qui chargent le régime de Félix Tshisekedi. Le procureur près la Cour de Cassation a ouvert un dossier judiciaire contre lui pour en savoir plus sur certaines déclarations.

L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a été entendu jeudi à Kinshasa par le parquet général près la Cour de cassation. Jean Marc Kabund est poursuivi en vue d’éclairer la justice sur les révélations qu’il avait faites dans sa conférence de presse du 18 juillet 2022. Il avait affirmé par exemple que « les caisses de l’Etat saignent jour et nuit. Des centaines de millions de dollars placés dans des paradis fiscaux quittent le pays dans des jets privés ».

Il avait ajouté que Tshisekedi prépare une grande « falsification des résultats des prochaines élections » pour se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Ce sont là les principales déclarations de Kabund qui ont attiré l’attention du procureur.

De quoi Jean-Marc Kabund est-il accusé ?

Les infractions reprochées à Kabund sont les suivantes : injures publiques, imputations dommageables, outrage aux autorités publiques, offense au chef de l’Etat et propagation de faux bruits. Mais pour les proches de l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, l’interpellation de leur leader viole les principes démocratiques, notamment le droit à la liberté d’expression.

En effet, Alliance pour le changement, le nouveau parti politique de Jean Marc Kabund, dénonce l’instrumentalisation de la justice. Il martèle que le dossier judiciaire ouvert contre l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale ne contient que « des infractions imaginaires et politiquement motivées ».

Ne pas confondre liberté d’expression et imputation dommageable

Beaucoup pensent qu’en démocratie on peut se permettre de tout dire sur la place publique. Ils se trompent. Dans un Etat de droit, il y a des limites à ne pas franchir. Des citoyens peuvent être interpellés ou poursuivis en justice. L’État de droit ne signifie pas que vous ne pouvez pas être arrêté si vous êtes reconnu coupable.

Bref, chacun est libre d’exprimer ses opinions, mais dans le respect de la loi.
Pour conclure, il faut aussi savoir que l’issue des poursuites judiciaires peut être au bénéfice de l’accusé. Il est clair que les révélations faites par Jean Marc Kabund sont graves. Et si elles s’avèrent vraies, le chef de l’Etat sera reconnu coupable de haute trahison et en subira les conséquences.

Mais avant, il revient à Kabund de fournir à la justice les preuves de ses affirmations. Dans le cas contraire, c’est lui qui sera reconnu coupable d’infractions retenues à sa charge.

 

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