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Incendie à Cimpunda : quand Joyeux Bin Kabodjo ne trouve plus les mots pour faire rire

Le jeudi 10 septembre 2026, dans la matinée, un violent incendie a frappé le quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu à Bukavu. Des centaines d’habitations et des établissements scolaires ont été touchés, faisant plusieurs victimes. Venu constater l’ampleur du drame, l’humoriste Joyeux Bin Kabodjo, figure habituellement associée au sourire et à l’humour, livre le récit bouleversant d’une journée où les mots ont perdu leur légèreté.

Il est des tragédies qui dépassent les simples bilans pour venir heurter de plein fouet ceux qui en sont témoins. À Cimpunda, derrière les maisons détruites se trouvent surtout des familles qui, en quelques heures, ont parfois perdu l’essentiel.

L’effondrement d’une vie en une seule journée

Au cœur de cette désolation, une histoire incarne à elle seule la cruauté du drame : celle d’une mère dont le quotidien s’est effondré en l’espace de quelques heures.

Le matin, elle préparait son enfant pour l’école. Peu après, l’alerte est donnée : l’établissement est en flammes.

Dans la fumée et le chaos, la recherche désespérée mène la mère vers l’hôpital, où la terrible nouvelle tombe : son enfant est mort.

Lorsqu’elle retourne sur ses pas, c’est pour retrouver son foyer lui aussi dévoré par le feu.

« Une seule journée. Un enfant le matin. Un enfant perdu à midi. Une maison perdue avant la nuit », résume Joyeux Bin Kabodjo, bouleversé par cette succession de pertes.

Quand l’humour s’efface devant la douleur

Connu pour son esprit incisif et sa capacité à faire sourire, Joyeux Bin Kabodjo confie n’avoir trouvé aucune esquive ni aucun mot d’esprit face à ce qu’il venait de découvrir.

Témoin du récit de ce drame, il a vu ses propres larmes couler, laissant son équipe assister à la disparition momentanée de son sourire habituel.

« Moi qu’on voit souvent sourire, je me vois fondre en larmes […] Pour une fois, je ne cherche pas de pirouette. Rien. Le fils de Kabodjo pleure. »

Cette fois, l’humoriste n’avait donc aucune blague à raconter. Devant certaines douleurs, même celui qui fait rire les autres peut simplement se taire et pleurer avec eux.

Des enfants jouent encore au milieu des décombres

Sur les lieux du sinistre, alors que la fumée et le deuil marquent encore le quartier, un autre contraste s’impose.

Au milieu des cendres et des ruines, des enfants courent derrière un ballon fait de sachets plastiques. Là où des familles viennent de perdre leurs maisons, ils réinventent déjà un terrain de jeu.

Cette image ne fait pas disparaître la tragédie. Elle montre simplement que, même au milieu des décombres, les enfants cherchent encore un espace pour jouer, sourire et continuer à vivre.

À travers son témoignage, Joyeux Bin Kabodjo ne rapporte donc pas seulement l’ampleur matérielle de l’incendie. Il ramène le regard vers les personnes qui se trouvent derrière les chiffres : une mère qui a perdu son enfant et sa maison, des familles sans toit, mais aussi des enfants qui continuent à jouer au milieu de ce qui reste de leur quartier.

À Cimpunda, les flammes ont détruit des maisons. Elles ont surtout bouleversé des vies qui ont désormais besoin de solidarité.

 

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