La Ligue des Féministes de la RDC a officiellement été lancée mercredi 23 septembre 2026 à Kinshasa. Au-delà de la présentation de cette nouvelle plateforme, la cérémonie a ouvert des discussions sur le féminisme en RDC, les préjugés qui l’entourent encore et la nécessité, selon ses initiatrices, de fédérer les luttes portées par les organisations et activistes féministes.
La salle Town Hall de la MONUSCO à Kinshasa a servi de cadre, ce mercredi 23 septembre 2026, au lancement officiel de la Ligue des Féministes de la RDC. Une cérémonie qui a permis des discussions ouvertes autour du féminisme en RDC et offert l’occasion de déconstruire certains mythes qui l’entourent.
Ont pris part à cette activité Faïda Mwangilou, ancienne ministre du Genre, la Section Genre de la MONUSCO dirigée par Mireille Affa’a Mindzie, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des activistes ainsi que des journalistes.
Selon ses initiatrices, la Ligue est née du constat que les actions des organisations féministes en RDC demeurent souvent dispersées et isolées. Elle se veut une plateforme nationale de concertation, de solidarité et de plaidoyer rassemblant des organisations féministes, des femmes leaders, de jeunes activistes et des mouvements citoyens engagés.
L’objectif : transformer des actions individuelles, souvent isolées, en une force collective.
C’est quoi, le féminisme ? La question qui fâche
Le cœur des discussions a tourné autour d’une question simple, mais encore chargée de préjugés : c’est quoi, le féminisme ? Les féministes sont-elles contre les hommes et contre le mariage ?
Comme l’ont relevé plusieurs intervenantes, l’une des difficultés auxquelles les féministes font face en RDC réside dans la perception même du féminisme, encore présenté dans certains milieux comme une idéologie « anti-hommes » venue de l’Occident.
Une réalité évoquée par plusieurs femmes présentes. Certaines défendent au quotidien les droits des femmes et posent des actes qu’elles considèrent comme féministes, mais hésitent à se définir comme telles par crainte de l’étiquette associée au terme.
Cette journée a justement été l’occasion, pour les participantes, d’expliquer leur conception du féminisme et les combats qu’elles lui associent. Elles ont notamment rappelé que plusieurs avancées en matière de droits des femmes sont liées à de longues mobilisations menées par des femmes et des mouvements féministes, en Afrique comme ailleurs dans le monde.
Le plaidoyer de Grâce Shako pour un féminisme noir et africain
Pour poser le cadre, Grâce Shako, représentante de la Ligue des Féministes de la RDC, a défendu l’idée d’un féminisme qui ne serait pas simplement importé pour répondre aux réalités des femmes africaines.
Selon elle, il est possible de construire et de porter un féminisme noir et africain, enraciné dans les réalités, l’histoire, les cultures, les combats et les expériences propres aux femmes du continent.
Un féminisme qui permette de parler du patriarcat lorsqu’il produit des inégalités, des questions de genre, des violences sexuelles, du mariage précoce, de l’accès à l’éducation, de l’autonomisation économique et de la représentation politique des femmes.
La question des féminicides a également été mise en avant. « Justice pour toutes les victimes de féminicides » et « Non au patriarcat » pouvait-on notamment lire sur l’affiche de l’événement.
« Lutter, mobiliser, transformer »
Patricia Panzu, chargée de la logistique au sein de la Ligue, a résumé la vision de la plateforme en trois verbes : « Lutter, mobiliser, transformer. »
La Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité a également occupé une place dans les échanges. Adoptée le 31 octobre 2000, elle atteindra son 26e anniversaire le 31 octobre prochain.
Un message a notamment été porté au cours des échanges : la construction de la paix nécessite l’implication des femmes comme des hommes.
Une équipe pour porter la Ligue
Pour porter cette dynamique, la Ligue s’est dotée d’une équipe de coordination composée de Grâce Shako, représentante ; Patricia Panzu, chargée de la logistique ; Jeannette Amougou, chargée du secrétariat ; Do Nsoseme, chargée de communication ; Rishine Masengu, chargée des relations extérieures ; Sarah Lotendo, chargée des finances ; Elsie Lotendo, chargée de la mobilisation des fonds ; et Agathe Ngomba, chargée de la gestion des projets.
À l’issue de la cérémonie, les organisatrices ont invité les participants, hommes et femmes, à adhérer à la Ligue des Féministes.
