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#8Mars : #BalanceTonKuluna, le hashtag qui révèle l’histoire de la lutte contre les violences faites aux femmes en RDC

Le 15 mars 2018, sur Twitter, la journaliste et blogueuse Larissa Diakanua, lance un tweet où elle appelle les internautes congolais à dénoncer les hommes violents en utilisant le hashtag #BalanceTonKuluna. Ce hashtag a connu beaucoup de réactions en ligne et hors ligne. Une année après, où en sommes-nous ?

En RDC, il y a deux types de violences faites aux femmes : d’abord celles perpétrées par des groupes armés. Et c’est contre de telles violences que se bat le Prix Nobel de la paix, le docteur Denis Mukwege. Ensuite, il y a les violences conjugales. Généralement ces dernières passent inaperçues. Les femmes elles-mêmes n’osent pas dénoncer les violences conjugales dont elles sont victimes tout simplement par peur de la réaction de la société, ou pour « préserver l’harmonie de leur couple », dit-on. C’est donc pour combattre ces violences, répandues mais silencieuses, que les hashtags #BalanceTonKuluna, #JeDenonceOuJemeurs, #FundaToOkufa ont été lancés l’année dernière.

A la base de ce ras-le-bol, le cas de Linda, une Kinoise tuée par son mari. Mais il y a aussi cette histoire d’une employée de la DGDA (Direction générale des douanes et accises) qui a eu le courage de dénoncer le harcèlement sexuel et l’abus de pouvoir dont elle était victime de la part de son DGA. En d’autres termes, une tentative de « promotion canapé ».

D’un hashtag à une marche pacifique.

Maquillages de plaie et sang, t-shirts déchirés, banderoles entre les mains, partage des témoignages… Les femmes ont tenu à exprimer leur ras-le-bol le 17 mars 2018. Réunis en collectif, plusieurs jeunes ont organisé une manifestation devant le Palais de justice à Kinshasa pour y déposer un memo reprenant leurs revendications. C’était la première fois que l’attention des autorités était attirée sur les violences conjugales.


Aujourd’hui, une année après ?

Un an après, il serait intéressant de savoir si le « Kuluna », présumé assassin de sa femme Linda, a été arrêté et jugé par la justice. Malheureusement, une participante à cette manifestation nous signale que jusqu’à ce jour, le fugitif continue à courir. Un mandat d’arrêt et un avis de recherche ont été émis depuis l’an passé, sans suite. De quoi continuer la lutte… Pire, sur Twitter, circulent actuellement des images d’un homme qui a tabassé récemment sa femme. L’affaire a attendu le mois de mars pour éclater au grand jour. Ce qui a provoqué la colère de plusieurs défenseurs des droits de la femme, dont Anny Modi de l’ONG Afia Mama.

Et les harcèlements en ligne alors ?

Autre mal dont on parle moins, ce sont les harcèlements dont sont victimes les femmes sur les réseaux sociaux. Imaginez que vous soyez au centre des milliers de commentaires haineux et dénigrants sur votre personne, votre âge, vos origines ou encore votre engagement politique…Sous d’autres cieux, cela a déjà causé mort d’homme. Aux Etats-Unis par exemple, une adolescente s’est suicidée après avoir été victime de harcèlement sur Facebook. C’est pourtant ça le quotidien des plusieurs femmes congolaises. Surtout celles qui sont assez connues. Sans raisons avérées, certains misogynes n’hésitent pas à insulter et calomnier les femmes sur les réseaux sociaux, comme si Internet était un lieu de non droit.

A mon avis, #BalanceTonKuluna, #BalanceTonPorc ou #FundaToOkufa devraient aussi s’appliquer contre ces harceleurs 2.0. Entendez les harceleurs qui se cachent derrière les claviers de leurs téléphones pour tenir des propos irrespectueux à l’égard des femmes.

Je vous laisse suivre dans le lien ci-dessous une discussion qui a pris des proportions inquiétantes autour de l’âge d’une internaute sur la page Facebook de Mbote. N’est-il pas temps de voter une loi spécifique autour des dérives sur les réseaux sociaux ?

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