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#JournéeDesFemmes : respect des femmes au Congo, du progrès mais peut mieux faire

Je suis un jeune Congolais de 18 ans. Ces dernières années, j’ai vu la condition de la femme s’améliorer dans mon pays. J’encourage cela. On peut tout reprocher à la République démocratique du Congo, mais les efforts fournis de jour en jour pour améliorer la position sociale de la femme congolaise sont louables. En tout cas je le pense, même si beaucoup reste encore à faire !

En grandissant dans la société congolaise, il n’était pas étonnant de découvrir que la femme, dans différentes tribus, était considérée comme un objet. Il n’y avait qu’à entendre les discours des hommes du quartier ou de l’avenue : « Moi ? Une femme oser contester ma décision ? Jamais ! » Ou encore « Tu sais que untel a déjà révélé son salaire à sa ‘’femelle’’ ? Quel bouffon celui-là ! » Pour un enfant qui grandit et découvre les règles de sa société, c’était déjà de mauvaises bases dans l’apprentissage des relations homme-femme !

La femme congolaise est aussi considérée dans certains milieux ruraux comme une machine à faire des enfants, une machine à réaliser des travaux ménagers ou les activités champêtres. Et certains parents la considèrent comme un bien à « vendre » pour se faire un peu de richesse en espèce ou en nature lors de la remise de la dot. Même dans ma ville natale de Goma, c’était le cas il y a encore quelque temps ! Pendant des vacances au village on pouvait aussi découvrir d’autres traitements humiliants que subissait la femme, et dans certains cas elle continue de les subir, comme être répudiée en cas de stérilité, ne jamais s’exprimer devant une assemblée d’hommes, etc.

Ces petites améliorations que j’encourage

Grâce au modernisme et à l’éducation, nous avons vu en grandissant que la considération de la femme change petit à petit positivement. Il y a eu de grosses campagnes de sensibilisation ces dernières années, une police spéciale pour la protection de la femme, des programmes encourageant à punir des auteurs de violences liées au genre… En cas de mariage, la dot n’est plus synonyme d’un acte d’achat d’une femme, la femme n’est plus là que pour faire des enfants, elle peut aussi travailler. D’ailleurs, c’est pour moderniser la société que la récente réforme du code de la famille a été effectuée en RDC !

Saviez-vous qu’il y a trois ans, la femme mariée et un enfant mineur avaient le même statut devant la loi ? Par exemple l’article 448 du code familial de la RDC disait en substance que « la femme devrait obtenir une autorisation de son mari pour tout acte juridique dans lequel elle s’obligeait à une prestation ». Vous vous imaginez ?

Ce qu’il reste à faire…

La réforme a apporté trois principales innovations dans la condition de la femme congolaise : la suppression de l’autorisation maritale pour la femme mariée et l’obligation faite aux époux de s’accorder pour tous les actes juridiques dans lesquels ils s’obligent, individuellement ou collectivement ; l’exigence du respect et de la considération mutuels des époux dans leurs rapports, sans préjudice des autres obligations respectives qui leur incombent dans la gestion du ménage et  l’affirmation du principe de la participation et de la gestion concertée du ménage par les époux, particulièrement quant à leurs biens et charges !

Mais même si aujourd’hui nous avons des femmes candidates à la présidence de la République, des femmes ministres, ingénieures, pilotes, entrepreneures ou députées, beaucoup de choses restent encore à faire. Par exemple, le seuil de représentativité des femmes dépasse rarement les 20%, que ce soit au gouvernement ou dans les Assemblées. Etonnez-vous qu’au Nord-Kivu, ma province, il n’y a qu’une seule députée ! La condition de la femme paysanne du Congo est aussi encore déplorable. Dans le Rutshuru, les hommes leur laissent souvent toutes les tâches champêtres. Je pense que l’éducation de la femme est l’un de meilleurs moyens d’améliorer la condition féminine au pays.

 


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