Ville de Bunia, 2019, @HabarRDC/Didier Makal
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Bunia : le phénomène « Boyomais » énerve les mères

Un « Boyomais », appellation des habitants de Kisangani, est un monsieur vu comme courageux, élégant, ambitieux, très attrayant pour beaucoup de filles de Bunia. On raconte qu’elles adorent les Boyomais. Curieusement, les mères détestent ces gars.

Peut-on penser qu’elles sont jalouses du charme du Boyomais ? Surtout que les mères, à l’étape où leurs filles commencent à susciter les sollicitations d’hommes, perdent de plus en plus d’éclat et cèdent la place aux jeunes, inévitablement ! Mais rien de tout cela. Il semble bien que son vouloir apparaître et probablement sa bonne mauvaise conception de la réalité coutumière du milieu, font que Boyomais énerve les mères.

Boyomais, l’élégant, le trompeur aussi ?

Le 26 novembre 2019, « Boyomais » est en fuite. Derrière lui, une fille âgée d’environ 17 ans, élève de 5e année secondaire, vient de rendre l’âme de suite d’un avortement clandestin. Ce qu’il y a de plus étonnant dans ce drame, c’est encore Boyomais qui en est tenu pour responsable. Deux semaines plus tôt, la petite Sarah venait d’être exclue de l’école pour avoir tenté d’avorter.

Finalement, l’indignation des mères du quartier a atteint les services de sécurité qui ont vite fait de retrouver le jeune homme en fuite. Pour les mères, il y a là la preuve que derrière le charme des garçons qui viennent de Kisangani se cache bien quelque chose de mal comme l’irresponsabilité, le mensonge, etc. Sans doute, un tel regard sans nuance comporte des dangers : puisque parmi les Boyomais, il y en a qui sont plutôt corrects et assument leurs responsabilités.

les qu’ils pourraient bien conquérir tombent souvent sous le charme des beaux gars de Kisangani. Alors parfois, il y en a qui leur lancent des slogans du genre : « Boyomais matiti mabe, nzete ya bololo », en français : « Boyomais, mauvaise herbe, arbre amer. »

Aider les jeunes à mieux discerner

Toutefois, des exemples pour étayer le scepticisme des mères sont nombreux et souvent évoqués en pareille circonstance. Victime d’une beauté vertigineuse des filles du milieu et de la nouvelle coutume (coutume des vaches), Boyomais perd son contrôle et tombe vite dans ce piège en se dépouillant de tous ses verbes.

Je pense aussi que l’attitude hostile des mères n’arrange pas souvent les choses pour leurs filles qui n’ont pas tort d’aimer des hommes élégants. Le plus important, à mon avis, c’est d’aider les jeunes à mieux effectuer leur discernement et à éviter les pièges du charme et de l’élégance ou encore de l’envie.

 

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Les commentaires récents (5)

  1. Article intéressant mais son auteur n’est pas allé au fond du problème et surtout des concepts. Merci de creuser davantage !

  2. Bonne pensée mon frère. Vers les années passées, beaucoup de nos frères boyomais ont été tués et d’autres pourir en prison après avoir engrossé des mineures….mais il s’avére que certains parents exposaient leurs filles pour voir qui tombera dans ce fouti piège.