[Revue de presse] Une Commission électorale présidentielle ou citoyenne en RDC ?

Au lendemain de la publication du calendrier électoral, déjà rejeté par l’opposition, une affaire pour le moins surprenante, a enflammé la toile congolaise. Le vice-président de la Céni, Norbert Basengezi, est apparu sur une photo de famille des membres du PPRD, derrière le président Joseph Kabila. Plusieurs ont rappelé l’obligation de réserve, et d’indépendance prévue par la loi électorale, pour les membres de cette institution que la Constitution de RDC veut « citoyenne » et « d’appui à la démocratie ».

Le site d’information Cas-infos titre sur « l’étonnante présence du vice-président de la Céni à la réunion stratégique de Joseph Kabila et ses troupes, à Kingakati ». Il note que Norbert Basengezi est membre du PPRD, le parti présidentiel : « Mais qu’il participe à des réunions stratégiques où il est question des élections, avec un parti politique, voilà qui suscite des interrogations. »

Un vice-président de la Céni à une réunion « stratégique » du pouvoir

« Le vice-président de la Céni prend part à une réunion stratégique du PPRD autour de Kabila », titre Politico.cd. Le média relève que la loi interdit aux membres de la Céni de participer aux « événements politiques partisans, qui pourraient nuire à l’indépendance de la Commission ». Et de préciser, en plus, citant la loi : « Tous les membres de cette Commission doivent prêter serment et cesser toute activité liée à leurs mouvements politiques respectifs dès leur prise de fonction. »

Plus de 48 heures plus tard, Norbert Basengezi s’est lancé pour un démenti. « Je n’ai pas été dans la réunion (du PPRD). La photo, c’est après, une rencontre en marge de cette réunion. On s’est rencontré comme des camarades », précise-t-il, rapporte Cas-Info.

Allégeance de la Céni au pouvoir de Kabila ?

« Allégeance : la Céni se défend », titre La Libre.be. Le texte du média belge forme des critiques similaires à celles de la presse de Kinshasa notamment sur l’absence d’indépendance de la Centrale électorale vis-à-vis du régime du président Kabila. Mais la Céni a pris elle-même la défense de son vice-président citant l’article 25 bis de la loi sur la Céni. Au cours de la rencontre controversée, Basengezi était dans sa mission fixée légalement explique La Libre.be : « Informer et échanger avec toutes les parties prenantes au processus électoral. »

La Libre.be ajoute enfin cette pique du porte-parole du gouvernement Lambert Mende défendant la présence du membre de la Céni et membre du parti au pouvoir. « Il ignorait qu’être membre de la Céni faisait « perdre à une personnalité congolaise son appartenance à son regroupement politique d’origine », comme c’est la loi. »

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