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Le coût des transports en commun : le nouveau fléau de Lubumbashi

On sait déjà à quel point, à Lubumbashi, la criminalité est persistante depuis environ deux ans, et met à dure épreuve la confiance entre population et pouvoirs publics. Mais il faut ajouter à cela le coût des transports en commun qui accroît encore les tensions. En raison d’une hausse unilatérale de près de 14% du prix du carburant à la pompe, ce dernier a doublé depuis plusieurs jours.

La hausse du prix du litre à la pompe avait officiellement été annoncée deux semaines plus tôt pour uniquement la zone ouest de la RDC. Mais très vite, Lubumbashi, plus à l’Est, est entré en danse. Mardi 15 mai, les pétroliers ont vendu le litre à 1820 francs congolais, voire plus, par endroit, contre 1620 la veille.

Un jour après, les trajets en bus ou en mini-bus, entièrement tenus par des privés, sont passés de 250 à 500 francs congolais. Ordinairement fixé à 500 FC la course, le taxi a coûté 1000, voire 1500 FC, selon que les terminus se situent près ou loin du centre-ville.

Echec de la mairie

Depuis, Lubumbashi donne l’air d’une ville dans une situation tendue, avec des gens courant aux heures de pointe : à midi, au soir et tôt les matins. La tentative de juguler la crise par la mairie semble se solder par un échec. Dimanche 20 mai, le maire a signé un décret fixant les prix pour chaque trajet, en partant principalement du cœur de la ville. Mais déjà, pour protester contre cette mesure, des chauffeurs de taxis du quartier Bel-air ont arrêté de travailler toute la matinée du mardi 22 mai 2018.

Dans d’autres quartiers, le constat est le même : la nomenclature de la mairie n’est pas du tout suivie. Les transporteurs demandent 1000 francs au lieu de 600, 700 ou 800 qu’on paie habituellement. Ils évoquent la rareté des petites coupures de francs congolais.

Sur les réseaux sociaux – le seul lieu où publiquement des critiques peuvent être constatées – les internautes regrettent une réaction tardive ou insuffisante des autorités.

À chacun son prix du transport en commun à Lubumbashi

Sosthène Djuma, membre de Habari RDC, est étudiant à l’Université de Lubumbashi située à quelques 7 km du centre-ville. Il doit, chaque jour, comme d’autres étudiants, débourser jusqu’à 4000 francs congolais – parfois plus – pour un aller-retour. Le coût (environ 3 USD) est élevé pour des Congolais moyens. Pour Sosthène, « cette décision sème des troubles. La mairie prend des décisions sans vérifier leur application, car la décision est presque inappliquée », déplore-t-il.

La mairie n’a aucun moyen de transport en commun public à Lubumbashi. Ceux qui essaient d’appliquer sa décision sont tentés de violer l’interdiction, pour les taxis, de prendre plus de quatre clients à bord. Adrien Ambanego, blogueur de Habari RDC, a vu des chauffeurs qui selon lui « comprennent la souffrance de la population, surtout le coût de vie que certains traversent. Ils prennent carrément 5 personnes sur le siège arrière et 2 devant au prix de 500 francs par tête. Ce qui fait 3500 FC. Ils perdent ainsi 500 par course, au lieu de gagner 4000 FC avec 1 personne devant et 3 derrière au coût de 1000 francs la course ».

Le problème avec cette pratique qui semble arranger certains passagers, c’est la sécurité sur la route. Pour une voiture, seules quatre personnes sont assurées, plus le chauffeur. En cas d’accident, il n’y a pas d’assurance pour les personnes en trop.

 


Lire aussi : Kinshasa : chronique d’une ville sans transport en commun

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Les commentaires récents (1)

  1. Les transporteurs sont depuis revenus à des prix plus flexibles et qui semblent arranger la population.

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