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Se disputer avec Kagame ? Tshisekedi ne pouvait pas le suivre dans sa folie !

Il faut encore un peu de considération pour répondre avec colère à Paul Kagame. Car ce dernier, plein de mépris digne de son rang, ne mérite pas qu’on s’attarde sur l’incohérence de ses propos. Pour ma part, c’est ainsi que j’ai reçu le silence, ô combien dérangeant du président Félix Tshisekedi, pour certains Congolais. Ils ont raison, en effet, d’exiger plus de fermeté de leur président vis-à-vis de tant de mépris de la part de Kagame.

Néanmoins, Félix Tshisekedi devrait savoir qu’il y a un temps pour toute chose. Un temps pour un président de croire et d’espérer que le bon sens et l’humanisme peuvent gagner à tous les coups. Il y a aussi un temps pour se rendre compte que certaines âmes ne connaissent qu’un langage : celui dans lequel leur « âme est née et vieillit ». Et c’est le cas de Paul Kagame. Passé finalement maître dans l’art de contester et de réprimer toute critique émise contre son régime, il s’en prend même à ceux de ses compatriotes qui veulent des relations plutôt humaines avec tous les pays voisins. Je pense au sort réservé au pauvre musicien de gospel Kizito Mihigo. Son tort aurait été d’avoir espéré que Rwandais, Burundais, Congolais, et Ougandais vivent en frères.

Je ne m’attarderai cependant pas sur ce genre de considérations. Ce que cet exemple montre, finalement, c’est que pour Kagame, il faut des conflits pour qu’il vive le rêve d’un Rwanda puissant.

Vivre des et par les conflits ?

Un tel rêve, folie sur le plan psychologique et social, a quelque chose de pareil en Israël. Et tout le monde sait à quel point il est funeste. Il crée des révoltés et nourrit des cycles infinis de violences. Et c’est le cas en Palestine.

Faut-il de telles relations en Afrique centrale ? Des millions de morts, depuis le génocide rwandais, n’ont-ils pas suffi pour qu’enfin on prenne conscience du fait que ceux qui meurent ont du sang et de la chair comme ceux qui vivent de la surenchère et de violences ?

Génocide. C’est en effet, cette triste réalité sur laquelle monsieur Kagame n’est pas prêt à tolérer que quiconque dise n’importe quoi. Puisque des êtres humains sont morts de manière cruelle et irrespectueuse de la dignité et de la vie humaine.

Curieusement, c’est une réalité similaire que le même Kagame refuse de reconnaitre au Congo. Sûrement, parce qu’elle est lourde d’implications sur le plan juridique.

On peut admettre que l’on rejette la thèse d’un double génocide. C’est-à-dire, un au Rwanda et un autre au Congo voisin, causé par ceux qui se présentent comme des anti-génocides qui peinent toujours à prouver qu’ils ont les mains propres.

Tout le monde a vu l’armée rwandaise se battre à Kisangani avec celle de Museveni, son cher voisin ennemi, en juin 2000, dans leur folie de pillages du Congo. L’Ouganda, au moins, a reconnu sa responsabilité. Depuis sa condamnation par la Cour internationale de justice, il est en pourparlers pour une résolution visant à normaliser les relations entre son pays et la RDC.

Cela s’appelle le « Umuntu » ou Ubuntu. Une manière d’être qui fait des hommes et des femmes des êtres épris d’humanité et de bienfaisance.

Unité ou hypocrisie africaine ?

Félix Tshisekedi a refusé sûrement de quitter ce niveau humain pour patoger dans la boueuse marre de sang où Kagame trouve son répit. Tshisekedi est président d’un pays immence, qui paie aujourd’hui un lourd tribut (plus de 6 millions de morts), pour avoir accepté d’accueillir des Rwandais en pleine folie génocidaire. Kagame ne devrait pas être président ou ancien président de l’Union africaine, appelons-la dans sa forme originelle « Unité africaine », et se retrouver en train de pisser sur le panafricanisme et sur les morts de ses voisins.

On ne devrait pourtant pas souffrir pour avoir fait le bien à un « pays frère ». Le Congo n’a pas été génocidaire pour avoir été accueillant. Tout le monde, (y compris de sincères citoyens rwandais), sait qu’une partie du puzzle qui va éclairer le triste génocide rwandais est encore en train d’être détruite par le FPR de Kagame.

Elle s’efface avec la disparition certaine de tous ceux qui en savent trop. Plusieurs intellectuels et témoins qui ont essayé d’éclairer ce pan de l’histoire africaine l’ont payé de leur vie, ou vivent encore sous la peur de la mort.

Il est inadmissible qu’on nie le fait que le génocide a eu lieu au Rwanda. Également, il est inadmissible de nier que des étrangers (dont des militaires rwandais en tête), ont commis des crimes de génocide au Congo.

Notre lutte est simple : la vérité

Notre lutte n’est pas que le Rwanda reconnaisse le génocide congolais. Le Congo le fera valloir seul. Cependant, le Congo tient à ce que paient tous ceux qui sont responsables des crimes, quelle que soit leur nature. Et ils paieront, qu’ils soient morts ou vivants. Nous veillerons à ce que le monde le sache et que les descendants des criminels en aient bien conscience.

Par respect pour leur postérité, il est temps que chaque criminel réponde de ses actes, et Kagame en tant que chef du FPR, devrait sortir de ses contradictions. Car, s’il déteste ce qui est arrivé à son peuple, il devrait également détester ce qui est arrivé aux voisins. Sauf s’il se sert du génocide de son propre peuple et des massacres chez les voisins, pour se construire un monde de violences.

Quant à la réaction jugée plutôt molle de Félix Tshisekedi, je la comprends. Il ne pouvait pas le suivre dans sa bassesse. Il est quand-même président d’un pays grand et d’une Afrique plus Ubuntu, plus humaine.

Par contre, les Congolais ont réservé à Kagame une réponse digne d’un type méprisable. Et cela suffit déjà. Ce que j’attends de Tshisekedi c’est d’agir afin qu’un tribunal international soit établi. Kagame se rendra compte, petit à petit, qu’il s’est desservi. Il a aidé le Congo à tester et à mesurer son degré de cohésion : et c’est un succès. Il doit sûrement rougir à l’heure qu’il est.

 

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