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6 millions de morts congolais : pourquoi n’a-t-on jamais parlé de génocide ?

Tapez sur Internet « génocide congolais », vous trouverez de centaines de pages racontant toutes les atrocités commises en RDC depuis les 24 dernières années. Le nombre total de Congolais tués concorde dans plusieurs rapports dont celui de l’International rescue commitee IRC en 2006 ou encore celui de l’ONU en 2010 : Entre 4 et 6 millions d’âmes congolaises ont péri. Mais alors pourquoi personne ne parle jamais de génocide au Congo ? Pourquoi ce silence international ? En cette journée européenne de de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, je voudrai poser la question : Encore combien de morts pour reconnaître que tous ces morts au Congo c’est en vrai un génocide ?

Génocide, serait-ce une exclusivité rwandaise dans la sous-région ?

Un mort ou cent morts, sont toutes déplorables certes. Si pour 800 000 Rwandais, dont la majorité étaient Tutsi, on parle de génocide ; si aussi pour 6 millions de Juifs tués pendant la deuxième guerre mondiale on parle de génocide et tous les acteurs internationaux l’acceptent, pourquoi pas pour les 6 millions de Congolais ?

Allant du principe dans la Déclaration universelle des droits de l’homme que tous les hommes naissent libres et égaux, aucune mort ne serait donc pas considérée comme valant plus qu’une autre. C’est honteux que la communauté internationale n’arrive jusque-là pas à se mettre d’accord pour enfin appeler les faits qui se passent en RDC par leur nom : génocide de Congolais.

En 2010 un rapport des Nations-Unies très accablant pointait l’armée rwandaise comme auteure de génocide dans l’est du pays. Sous prétexte de pourchasser les auteurs du génocide de 1994, le Rwanda a investi le Congo pendant plusieurs années (en en profitant pour voler des minerais). Et selon le rapport, c’est de là que le calvaire congolais avait commencé, que le meurtre « systématique des Hutu aussi s’était commis dans l’Est ». Avant la publication dudit rapport, le Rwanda avait exigé que le mot « génocide » n’apparaisse pas, menaçant de retirer ses 3300 casques bleus qui étaient au Darfour à l’époque ! Et vous savez quoi ? Le mot n’avait plus apparu du tout !

La définition du mot devrait être revisité !

Selon plusieurs experts et historiens, même s’ils s’accordent sur le nombre de morts qui se compte en millions, on ne peut parler de génocide au Congo car « ces massacres sont divers, opérés par des acteurs divers, aux mobiles divers … » Or la définition du génocide est « un crime qui consiste en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe 

Les raisons des morts au Congo sont diverses. Certes, les guerres y sont surtout présentes parce que les richesses minières du pays sont convoitées, mais il y a aussi des morts suite aux malnutritions liées à cette situation de guerre. Selon donc les experts, comme on ne tue pas les Congolais pour l’unique raison de leur appartenance nationale, ces 6 millions ne sont pas assez macabres comme morts pour être dits : génocide ! Quelle injustice !

Si seuls quelques génocides sont reconnus par les spécialistes, comme celui des Tutsi, la Shoah et celui des Arméniens, on devrait en ajouter un, celui des Congolais. Même s’ils sont morts pour différentes causes et par différents auteurs, il reste vrai que tout cela tourne autour de la convoitise des richesses du pays ! C’est pour ces minerais que, directement ou indirectement, tous ces Congolais ont péri ? Pourquoi ne pas alors revisiter la définition et dire aussi que : « Génocide est l’élimination physique et intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national pour ses richesses. »

Le gouvernement congolais devrait s’impliquer

Sans vouloir donner de cours d’histoire, je voudrais juste rappeler que si le génocide rwandais avait été reconnu, c’est en partie aussi grâce à l’implication de son gouvernement. Mais le gouvernement congolais n’a jamais rien fait en ce sens, en tout cas rien de concret. Elie Wiesel avait dit que le « bourreau tue toujours deux fois, la seconde c’est par l’oubli ». Le Rwanda commémore chaque année et pendant une semaine ses morts, mais au Congo, il n’y a même pas un seul mémorial pour ces morts, ni une journée qui ne leur soit réservée. Gouvernement congolais, ne laissez pas les bourreaux de 6 millions de nos compatriotes les tuer une seconde fois car on les aurait oubliés.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. « Qui ne dit mot consent : le silence assourdissant du gouvernement congolais n’est-il pas un aveu criant de culpabilité… ou de complicité ?

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