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De l’agronomie à la photographie : Gloria Chabene raconte son parcours derrière l’objectif

À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée le 19 août, la photographe et réalisatrice Gloria Chabene revient sur son parcours, sa vision de l’image, les réalités du terrain à Bukavu et la place des femmes dans ce métier.

Ingénieure agronome de formation, Gloria Chabene a embrassé la photographie en 2018 avant d’en faire sa profession à temps plein dès 2021, puis d’élargir son champ d’action à la réalisation cinématographique en 2023.

Pour elle, la photographie dépasse le simple cadre esthétique : elle constitue un outil de mémoire, d’engagement et de changement social.

Un regard sur les réalités du Kivu

Basée à Bukavu, Gloria Chabene utilise son objectif pour mettre en lumière des réalités parfois méconnues de l’Est de la République démocratique du Congo.

Son travail documentaire s’articule notamment autour de l’environnement, de l’humanitaire et de l’agriculture.

Son parcours l’a amenée à collaborer avec différentes organisations, notamment le Programme alimentaire mondial (PAM) en 2021, Jenga Tumaini en 2022, et à travailler comme photographe principale pour le projet « Mois Vert » de la Coopération suisse à Bukavu en 2026.

Exercer ce métier en tant que femme comporte cependant son lot d’obstacles. Gloria Chabene évoque notamment les stéréotypes selon lesquels une femme manquerait de résistance ou de compétences pour le travail de terrain. À cela s’ajoutent les défis liés à la sécurité, à l’accès au matériel professionnel et aux opportunités.

Pour faire face à ces contraintes, elle mise sur la rigueur et la formation continue.

« Je laisse mes images et mon professionnalisme parler pour moi », affirme-t-elle, tout en diversifiant ses domaines d’intervention vers le cinéma et le documentaire.

Aux jeunes filles qui hésitent encore à se lancer dans la photographie, Gloria Chabene adresse une invitation simple : « Osez ! Le regard d’une femme est une force capable de raconter des histoires uniques. »

Elle invite également à mieux valoriser le travail des professionnels de l’image. Pour elle, soutenir les photographes locaux, c’est aussi contribuer à préserver la mémoire collective et à donner une voix aux communautés.

De l’agronomie à la photographie, puis à la réalisation cinématographique, son parcours rappelle finalement qu’une formation initiale ne détermine pas toujours toute une trajectoire professionnelle. Parfois, il faut aussi oser prendre une autre voie.

 

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