Le 16 mai 2026, la députée nationale de Kasenga Michellin Mpundu a pris la parole devant l’Assemblée nationale pour parler de l’insécurité dans sa circonscription. A l’issue de son intervention, Christophe Mboso, deuxième vice-président de la chambre basse du parlement, qui assurait la présidence de séance ce jour-là, a pris la parole pour commenter le physique de la députée. « Elle est belle, » lâchait-il à en direction d’une assistance hilare et complice. Pour notre blogueuse Ange Makadi, les propos du vice-président de l’Assemblée nationale sont inacceptables.
Le propos de Christophe Mboso est problématique, et il ne faut pas en rire. On ne rit pas de l’humiliation. Je vois beaucoup de commentaires du genre « En quoi est-ce mauvais d’apprécier une femme ? C’est juste un compliment. » Mais justement, le problème est là.
Ce que Mboso a fait du haut du perchoir de l’Assemblée nationale s’appelle du sexisme ordinaire. Un sexisme qui banalise une différence de traitement entre hommes et femmes. S’il avait devant lui un homme, commenterait-on son physique de cette manière ? Aurait-il dit : « Il est très beau. Dieu l’a vraiment créé » ? Évidemment non. Et c’est bien là le problème.
Ce n’est pas la première fois pour Christophe Mboso de s’illustrer par ce type de propos. Et justement, il faut que cela change.
Nous devons refuser de banaliser ces comportements sous prétexte que « c’est un compliment ». Par ailleurs, nous devons lever la voix en demandant des excuses publiques. Parce qu’une institution comme l’Assemblée nationale ne peut pas normaliser des remarques sexistes dans un cadre officiel.
Il faut aussi interroger les mécanismes internes : existe-t-il une charte de bonne conduite ? Est-elle réellement appliquée ? Quels dispositifs existent pour prévenir les comportements sexistes dans les institutions politiques ? Lorsqu’une députée prend la parole, l’attention devrait porter sur ses idées, ses propositions et son intervention.
En ce jour qui se souvient encore ce que la députée disait à la tribune ? La remarque déplacée de Mboso a détourné toute l’attention vers son apparence physique reléguant ses dires au second plan. C’est précisément ainsi que fonctionne le sexisme ordinaire : il contribue à ce que les femmes ne soient pas pleinement prises au sérieux dans les espaces professionnels et politiques.
Et le contexte change tout. Nous sommes à l’Assemblée nationale, une institution politique, et pas dans un cadre privé ou informel. Quand une figure d’autorité masculine au perchoir fait ce type de remarque dans un espace officiel, cela renforce des rapports de domination symbolique. La femme apparaît d’abord comme objet de regard avant d’être reconnue comme actrice politique à part entière.
Et, il ne faut pas en rire.
