C’est à se demander si le parti de Etienne Tshisekedi n’aurait pas dû rester une éternelle boussole pour l’opposition. Une sorte de mythe dans lequel tout le monde se reconnaîtrait. Car une fois aux manettes des principaux leviers du pouvoir, ce parti historique ne fonctionne plus selon les principes qui ont toujours guidé ses revendications. Le leader Maximo doit se retourner dans sa tombe.
Qui n’a pas sursauté au cours des 30 dernières années en entendant prononcer l’acronyme UDPS ? Ce parti a longtemps incarné les espoirs d’un peuple congolais désillusionné par les promesses non tenues et surtout la trajectoire décevante empruntée par un pays aux potentiels prometteurs. Il suffisait pour ce parti de lancer un mot d’ordre pour voir ses effets sur le terrain sous forme de boutiques et magasins fermés, de hordes de manifestants dans les rues ou de communiqués et campagnes de communication des ONG de défense des droits de l’homme.
En 2018, Félix Tshisekedi a conclu un accord de gouvernement avec la coalition du président Joseph Kabila. Nombreux sont ceux qui estiment que ceci fut un tournant pour un parti désormais prêt à fouler aux pieds ses principes pour garder la main.
Héritant de l’appareil de répression et des ressources financières qui vont avec, l’ex-porte-étendard de l’opposition s’est contenté d’incarner le pouvoir sans regarder ses travers. La répression d’une manifestation de l’opposition non armée à Kinshasa le vendredi 12 juin 2026 aura été la concrétisation de la dérive d’un parti qui a été jadis l’espoir de tout un peuple, peu importe ses tendances.
Le plus troublant n’est peut-être pas que l’UDPS exerce aujourd’hui le pouvoir avec ses contraintes et ses exigences. Le plus troublant est de voir un parti qui a bâti son identité politique sur la dénonciation de l’arbitraire, de la répression et des atteintes aux libertés publiques être désormais accusé des mêmes pratiques qu’il combattait hier.
Au fond, la véritable épreuve d’un parti politique n’est pas sa capacité à dénoncer les abus lorsqu’il est dans l’opposition, mais sa capacité à résister à la tentation de les reproduire lorsqu’il accède au pouvoir. Plus un parti a porté les espoirs d’un peuple, plus il est tenu d’être fidèle aux valeurs qui ont fondé son combat. C’est précisément sur ce terrain que l’UDPS est aujourd’hui jugée par une partie de l’opinion.
