Des enfants soldats dans l'est du Congo
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Les enfants dans les milices, ça existe encore dans l’est du Congo !

Le drame de l’est de la RDC n’est pas seulement la tragédie des femmes. C’est aussi celles de leurs enfants. Dans certains villages du Nord-Kivu, il est plus facile pour un enfant de se faire enrôler dans une milice que de s’inscrire à l’école. Il lui suffit juste d’aller à deux ou trois kilomètres du village pour rejoindre une milice.

Il existe deux façons pour les enfants d’intégrer un groupe armé : soit par eux-mêmes, soit de force. Mais dans les deux cas, l’âge n’est jamais demandé. Les garçons sont utilisés comme cuisiniers, éclaireurs, messagers, féticheurs, ou encore taxateurs dans les secteurs sous contrôle de la milice. Pour les contrôler, ils sont aussi initiés au sexe par des femmes mûres qui sont dans le maquis.

Les enfants filles, elles, sont les épouses des chefs, les « repos » des commandants, comme on les appelle. Leur résidence c’est la brousse, le parc des Virunga, les environnements hostiles où leurs étoiles sont éteintes, leur avenir compromis, leur destin gâché. La vie de ces enfants est en péril, et ce phénomène continue en RDC.

Au village, souffrance et misère

La vie dans plusieurs villages est une galère sans nom. Elle est très dure, il faut trimer pour avoir de quoi se mettre sous la dent. Il faut exercer des activités champêtres pour se faire à manger. Problème : les champs sont occupés par des groupes armés. On peut semer et bien travailler son champ, mais la récolte ira en entier à des miliciens. L’école, personne ne peut la payer. Ainsi, certains enfants empruntent le chemin de la facilité en se faisant enrôler dans des groupes armés où ils vivent du braconnage, de la drogue, de l’alcoolisme et du banditisme.

« Lorsqu’un enfant n’a aucun rêve utile à caresser, il rêve du pouvoir immense ou du plaisir exceptionnel que procure la kalachnikov ou le chanvre », écrivait le professeur Kitandala Zola dans son ouvrage Une saison au Kivu.

On leur vend du rêve pour les recruter

Se disant fièrement protecteurs de tribus, défenseurs de traditions, soldats de clans, les enfants rebelles sont persuadés que devenir milicien est le seul destin auquel ils sont appelés. Faute d’éducation, ils sont facilement manipulables au village où les chefs de différents groupes armés les appâtent avec de fausses promesses. On leur raconte par exemple : « C’est vous les protecteurs de votre tribu. Il est de votre devoir de vous rallier à nous afin de combattre à nos côtés. »

On leur dit aussi que c’est eux qui libéreront le pays du régime des méchants, des voleurs, comme ce fut le cas lors de l’avènement de la milice AFDL de Mzee Kabila. En attendant que ce grand jour arrive, ils doivent s’entraîner davantage.

On leur raconte aussi que grâce aux rites qu’ils font quotidiennement en sollicitant la protection ancestrale, ils sont invulnérables aux balles d’armes à feu. Pour bénéficier continuellement de cette invulnérabilité, il leur faut respecter certaines règles bizarres et ridicules comme : ne pas manger certains aliments ou porter des habits avec des pièces métalliques, se faire des tatouages mystiques, etc. Convaincus de leur invulnérabilité, ils n’hésitent pas à se placer en premières lignes au front. Or en réalité, leurs chefs les utilisent simplement comme boucliers humains.

Il faut que ça s’arrête

La place de ces enfants n’est pas dans la brousse. Ils sont censés être à l’école pour apprendre à lire, à écrire et à raisonner afin de construire leur avenir. Espérons que la mesure de gratuité scolaire soit effective sur le long terme. Cela réduirait les chances que des enfants soient recrutés dans des groupes armés. Mais aussi, il faut créer de l’emploi pour les jeunes adultes, leur apprendre des métiers s’ils ne peuvent plus rentrer à l’école.

Les enfants c’est l’avenir de notre pays. Faites-les sortir des groupes armés.

 

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  1. C’est un très bel article. Voilà le contenu à publier régulièrement sur votre site. Des contenus retraçant la réalité sociale de la RDC.