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Goma : une ville livrée aux meurtriers

Au Nord-Kivu, le bilan des morts tend vers une cinquantaine en moins de deux mois dans la ville de Goma. Au moins une personne est tuée chaque nuit dans cette ville, capitale touristique de la RDC. Deux mois, et les autorités n’ont encore rien pu faire jusque-là. On dirait que l’ange de la mort a élu domicile dans ma ville.

Ce sont des citoyens ordinaires qui tombent chaque nuit. Il y a quelques jours, c’était deux sentinelles de l’Institut de Goma, tuées à coup de machette. Plus grave, c’était à moins de 500 mètres de la principale base de la police de la ville. La nuit du jeudi 21 mars, 4 autres personnes ont également été tuées en quelques minutes d’intervalle au nord de la ville.

Qui tue à Goma ?

C’est la question qui demeure toujours sans réponse. Certaines victimes sont tuées à la machette, d’autres par arme à feu. Le seul point commun c’est le moment où ces drames se passent : souvent à la tombée de la nuit ou pendant la nuit. Serait-ce lié à la dernière série de libération par grâce présidentielle de Kabila ? Car près de 150 délinquants ont quitté la prison mi-janvier après que l’ex-président les ait graciés. Et les tueries ont commencé peu après.

L’armée déclare que ce serait des combattants hutu-rwandais des FDLR. Mais le maire de Goma soutient une théorie du complot selon laquelle des habitants seraient complices. Pendant que les autorités tergiversent, de pauvres citoyens sont en train de mourir chaque jour !

Des promesses de sécurisation non-tenues  

Déjà, pendant sa campagne électorale, le président Félix Tshisekedi avait promis de sécuriser les peuples du Nord-Kivu meurtris depuis plus de deux décennies de guerre. Mais le président, comme toutes les autorités congolaises, a oublié sa promesse.

Le chef de la police du Nord-Kivu avait aussi annoncé : « Nous sommes à la recherche de ces inciviques. La population doit faire confiance en sa police, elle doit dénoncer ces bandits, [dénoncer] même nos propres enfants s’ils sont concernés. Le travail que nous faisons est humain, il y a certes des failles mais nous allons les relever. » En attendant, voilà que des citoyens meurent, tandis que d’autres sont enlevés.

Lundi 2 mars 2019, la société civile du Nord-Kivu était descendue dans la rue pour protester contre ces tueries et exiger la démission du maire de Goma et du responsable de la police. Hélas, aucune réaction des autorités.

Si seulement chacun jouait son rôle, on n’en serait pas là. Le peuple a déjà fait sa part en donnant des mandats aux élus. Il fait sa part en payant les militaires et les policiers. Mais en retour, les élus, les institutions et les hommes en uniforme ont failli à leur mission.

 

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