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Jeunes sans carte d’électeur : le calvaire

Sans ce sésame, les nouveaux majeurs, c’est-à-dire ceux qui ont eu récemment plus de 18 ans, sont privés de beaucoup de droits : ils ne peuvent ni voter, ni ouvrir un compte bancaire ou pire encore, sortir du pays. Car c’est cette pièce d’identité de base qui peut leur permettre d’obtenir un passeport ou autre document important auprès des services de l’État. Conséquence : ils sont sans papier et subissent les difficultés d’apatridie. Et traités ainsi, dans leur propre pays, c’est inacceptable.

Libre, mais prisonnier dans son pays

Amisi a 19 ans. Il attend toujours de figurer dans les listes du fichier électoral depuis presque deux ans. « Je ne peux pas sortir de RDC. J’ai même les difficultés d’y circuler librement à l’intérieur car je suis assez grand. Mais sans une carte d’identité pour prouver ma nationalité congolaise », déplore Amisi.

Il est privé de beaucoup d’avantages et de droits dans la société. A son âge, il n’a jamais eu un compte bancaire pour faire des économies. Il n’a jamais pu se rendre dans un pays étranger. À Goma, où il vit, il n’est qu’à quelques encablures du Rwanda. Ce serait, pour lui, un miracle de visiter Gisenyi, la ville voisine de l’autre côté de la frontière. Lorsqu’il obtiendra cette carte, « elle sera pour moi une pièce maîtresse de ma vie », estime-t-il.

L’illégalité comme seule issue

Pour sortir de cette galère, créée par le système de gestion politique du pays, certains nouveaux majeurs sont obligés de se procurer autrement cette pièce d’identité. Un exemple ? Ils se prêtent une carte d’électeur entre personnes dont les traits physiques se ressemblent. D’autres vont même jusqu’à dupliquer frauduleusement ce document. Illégal, mais légitime au fond, car normalement, ils devraient l’obtenir gratuitement auprès de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), comme le veut la loi.

Mais hélas, c’est ainsi que les jeunes se débrouillent pour faire face à la vie administrative pénible que leur inflige le système en place. Espérons qu’après le dialogue national demandé par les hommes forts du pays, l’organisation d’élections apaisées puisse avoir lieu. Et ainsi, ces nouveaux majeurs obtiendront enfin leur papier.

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