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Le Kasaï-Oriental peut vivre sans la Miba et le diamant

Je ne comprends pas ce qu’il se passe chez moi à Mbujimayi. Nous passons notre temps à pleurer la mort de la Miba et l’ingratitude de la Sacim. Comme si la faillite de la Miba condamne la province à disparaître. Pourtant, il y a lieu de diversifier l’économie et continuer à vivre.

Il y a 25 ou 30 ans, la Miba conditionnait la vie au Kasaï-Oriental. C’était le poumon économique de la province. L’argent circulait à foison à Mbujimayi chaque fois que les travailleurs de la Miba étaient payés et que le marché du diamant artisanal battait son plein. Aujourd’hui, tout ça est devenu un lointain souvenir. Mais jusqu’à quand ferons-nous le deuil ? Nous devons avancer et c’est possible !

La première richesse c’est nous-mêmes

Le monde est passé de son état antique ou paléolithique à son état de civilisation actuelle grâce à l’action de l’homme. Ce qui veut dire que l’homme peut changer le Congo s’il le veut. Regardez comment, en une décennie seulement, Kagamé a changé le Rwanda. Notre province a ses élites, fils et filles pleins de compétences diverses. A mon avis, ce sont eux la première richesse sur laquelle nous baser. C’est à nous de créer des richesses, même sans la Miba et le diamant. Par une action coordonnée avec notre diaspora, créons des entreprises, des startups, des industries, etc.

Il y a des peuples qui n’ont que le désert comme pays, mais ils ont transformé cela en un lieu où il fait bon vivre. On peut faire la même chose au Kasaï.

Négligeons l’agriculture et mourons de faim

Nous ne le dirons jamais assez : le diamant est une ressource épuisable et non renouvelable. Ce serait insensé que de fonder tout notre avenir dessus. Par contre, nous avons la terre et l’agriculture. Ces deux ne nous manqueront jamais, jusqu’à la fin du monde. Investissons dans l’agriculture, créons des fermes, des coopératives agricoles, etc. Le gouvernement provincial devrait prioriser l’agriculture en y mettant tous les moyens possibles. Certes, nous sommes une province enclavée, mais nous avons la terre. Il est ridicule pour nous d’importer même le maïs.

Les autres richesses de la province

En dehors du diamant, au Kasaï-Oriental nous avons des gisements de calcaire qui peuvent servir à fabriquer localement le ciment. Des études de faisabilité ont déjà été effectuées depuis des années. Pourquoi les autorités tardent-elles à concrétiser ce projet ? Ces gisements de calcaire sont situés en territoire de Katanda. Il est temps de passer à l’action. Personne ne le fera à notre place.

Une autre ressource négligée chez nous c’est la pêche. Nous avons des cours d’eau et des rivières poissonneuses. Pourquoi ne pas les valoriser ?

 

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