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Les Kinois : l’autre « tribu » détestée en RDC ?

En RDC, on parle souvent du tribalisme comme le fait de dénigrer une tribu en véhiculant des préjugés la concernant. Si l’élection de Tshisekedi a vu une recrudescence des sentiments anti-Luba, il n’en reste pas moins que presque chaque tribu subit le poids des préjugés. Même les habitants de Kinshasa ne sont pas à l’abri des discours identitaires. Les Kinois sont tout aussi stigmatisés que les autres.

Les Kinois sont-ils une nouvelle tribu congolaise ? En tout cas la capitale de la RDC, Kinshasa, est la ville la plus cosmopolite du pays. Toutes les tribus du Congo y sont représentées. Un mélange qui a créé une caractéristique et un comportement particulier à ses habitants. 

La « kinoiserie » ou esprit kinois

La « kinoiserie » représente l’ensemble des habitudes souvent négatives qui, au fil du temps, sont devenues des coutumes à Kinshasa. Faire du tapage, l’extravagance affichée durant les deuils, les flatteries pour soutirer de l’argent ou encore des jeunes qui, dans les grands carrefours, faisant payer les places à bord de taxis avant d’y entrer… Tout cela est une marque de la kinoiserie. D’autre part, l’esprit kinois symbolise le côté positif tel que le courage, la solidarité ou la courtoisie. 

Malheureusement, ceux qui pratiquaient cette kinoiserie négative à outrance et qui ont émigré dans les provinces ou à l’extérieur du pays, ont emmené avec eux ces mauvaises habitudes et terni largement l’image des Kinois par rapport aux autres Congolais et aux étrangers. 

Escrocs, opportunistes, hautains et snobs

Dans plusieurs provinces de la RDC, la réputation des Kinois est très mal considérée. Lors de mon séjour à l’est du pays, j’ai pu remarquer à quel point les gens se méfiaient de moi quand ils ont appris que je venais de Kinshasa. Que ce soit à Goma, Bukavu ou Uvira, la réputation d’un Kinois est celle d’un escroc, un opportuniste, hautain, snob… Les Kinois en provinces sont accusés de refus de s’intégrer au milieu. Ils préfèrent toujours parler le lingala et méprisent les autres langues locales. A Kisangani, un ami me confie que dans un bar, une table avec plusieurs bouteilles de bière vides, est généralement occupée par des Kinois. Car ils sont les seuls qui aiment boire et laisser les bouteilles sur la table pour prouver leur puissance financière. 

Les failles de la décentralisation

L’échec de la décentralisation est un autre facteur qui a terni l’image des Kinois à l’intérieur du pays. Beaucoup de gouverneurs des provinces se sont plaints d’avoir été étouffés dans leurs initiatives par la trop grande mainmise du gouvernement central – donc des Kinois – sur les recettes des provinces. La rétrocession de 40% due aux provinces est souvent bloquée à Kinshasa. Ce qui paralyse le fonctionnement des institutions provinciales.

Pour obtenir une bourse du gouvernement ou d’un organisme, avoir un visa de certains pays ou certaines catégories d’emplois dans le secteur public ou privé, il faut être physiquement présent à Kinshasa. Pas facile à accepter pour de nombreux Congolais qui estiment que la capitale ne produit rien, mais accapare tous les privilèges. 

Créer un ministère kinois des Affaires extérieures et provinciales ?

Ce serait peut-être l’initiative que le gouvernement provincial de Kinshasa devrait prendre pour atténuer cette phobie et faire rayonner Kinshasa dans son aspect positif. Y penser serait une façon de sensibiliser les Kinois vivant à l’étranger sur les attitudes à adopter, mais également, sur la façon dont ils peuvent contribuer au développement de la ville d’une manière ou d’une autre. La ville malienne de Kayes, est l’exemple qui montre combien les apports de la diaspora ont pu soutenir le fonctionnement des services publics, mais aussi, développé l’entrepreneuriat local. Pour le moment, redorer l’image du Kinois à l’intérieur du pays comme à l’extérieur passe d’abord par la restauration de sa réputation. 

 

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Les commentaires récents (2)

  1. La ville de Kinshasa est reconnu partout comme étant une ville où tout le monde veut être sapeur, soûlard, escrot, aventuré, danseur.,,,,
    Ils parlent trop mais ils ne disent rien.ils ne font que nous embrouiller avec leur tribalisme.
    Selon eux, à part Kinshasa, il n’existe pas une ville en RDC. Nous qui sommes de l’est, ils nous traitent de  » RWANDAIS »,’ ‘BAUTA ».
    Ils ne savent rien à l’école, la mojorité de KINOIS raisone peu. Alors que les meilleurs élèves, étudiants sont les enfants de L’EST, eux ne font que monopoliser les bourses d’étude.
    C’est un grand et sérieux problèmes car cela fait que la RDC est un État mais pas une nation.