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Une Kinoise « perdue » à Goma

Voyager est toujours un plaisir. Je suis toute enthousiasmée lorsqu’on m’annonce que je dois me rendre à Goma dans le cadre d’un séminaire et d’un travail de terrain. Après un épuisant vol de moins de 3 heures, l’horloge affiche 12h 26 quand l’avion se pose sur le tarmac de l’Aéroport international de Goma. Je récupère mes bagages, direction : le bureau de notre organisation.

Je suis arrivée à Goma un vendredi. Beaucoup de fatigue après le vol. Ma première nuit dans cette ville est difficile à gérer. Le climat local et les températures basses me torturent. Je n’arrive pas à dormir. Après deux ou trois heures d’insomnie, c’est sous une épaisse couverture que le sommeil m’emporte finalement.

Un week-end inoubliable

La journée de samedi c’est off au boulot. Loin de la pression du travail, je décide de faire un tour dans la ville. Je découvre que c’est une belle ville. Ici, mon lingala raffiné ne m’est d’aucune utilité. Le swahili fait la loi. Heureusement pour moi, le français me facilite la communication.

Le lendemain est un dimanche. En bonne chrétienne, pas question de louper la messe dominicale. Mais comment s’y prendre dans cette ville qui m’est étrangère ?

Etrangère à Goma ? Pas totalement ! Grâce au président de la Jeunesse estudiantine et non estudiantine chrétienne, je ne suis pas sans repère dans la ville montagneuse. Avec les explications de mon confrère et ami Lebon Kasamira de Habari RDC, je me décide alors d’aller communier à la paroisse Mont Carmel.

Goma et Kinshasa : autre ville, autre « messe » !

À la fois souriante et méfiante, c’est au dernier banc que je prends place dans l’église. Néanmoins, tout le monde aura peut-être remarqué que je suis un peu « perdue », une Kinoise « perdue » à Goma. Car, tout est différent ici.

Dans ma paroisse de Matete à Kinshasa par exemple, c’est en levant les mains que nous répondons à la célèbre phrase du prêtre : « Que le Seigneur soit avec vous ! » A Goma c’est différent. Si claquer les mains en réponse à « Acclamons la parole du Seigneur » est une faute à Kinshasa, cela est recommandé à Goma.

Dernière différence notable : le temps de l’offrande. A Goma, l’offrande est remise après la communion. C’est donc à ce rythme que j’ai évolué tous les dimanche à l’église au chef lieu du Nord-Kivu.

Les embouteillages mais pas comme à Kinshasa

Après la messe, je me suis encore offert une ballade et un passage à la Maison des jeunes, réputée pour être un des grands centres culturels de la ville. Elle accueille notamment le très célèbre Festival Amani. La propreté de la ville émerveille mes yeux, excepté dans quelques coins où j’ai vu de l’insalubrité. Cela devient pire après une petite pluie qui est tombée quelques temps plus tôt. Il faut marcher dans les eaux… comme à Kinshasa.

Goma et Kinshasa ont aussi plusieurs similitudes, notamment les embouteillages. Prise dans un bouchon alors que je me dirige vers Ndosho, un quartier situé à l’ouest de la ville, j’ai l’impression de retrouver Kinshasa.

Dès ce premier weekend, je fais un constat : Goma est une belle ville touristique. Cependant, les idées reçues sur la capitale du Nord-Kivu me rongent l’esprit. Il ne se passe pas une minute sans que ne résonne dans ma tête ces interpellations effrayantes : « Fais attention à toi à Goma ! Ne mange pas n’importe où et avec n’importe qui! Toujours avoir son miel avec soi… » Bon, c’est ce qui se murmure à Kinshasa. Étant moi-même sur place à Goma, tout ça me semble faux. La ville est belle. Il y fait bon vivre. Je suis tombée amoureuse de Goma !

 

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