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Kinshasa, là où les rumeurs sont le pain quotidien

Alors qu’on s’approche lentement mais sûrement de la période électorale, période de toutes les vérités où chaque personne devra choisir une et une seule couleur politique, les informations de tous genres, même celles qui s’apparentent à la pire des folies et des sottises, passent pour vraies aux oreilles des curieux kinois.

Petite histoire

Elle a pour cadre notre passage au rond-point Victoire, un point central de la ville réunissant trois communes les plus mouvementées de Kinshasa : Kasa-Vubu, Kalamu et la commune de Kinshasa.

C’est l’un de coins les plus chauds de la capitale, l’endroit où toutes les couches sociales de la population se rencontrent. On peut y voir côte à côte musiciens, vendeurs ambulants, ambianceurs, « shégués » (enfants de la rue), parlementaires des rues et vendeurs de journaux. Tous s’y rencontrent dans ce lieu de détente et de curiosité.

C’est aussi le meilleur endroit pour les « renards », ces charlatans, bons parleurs et vendeurs de faux journaux qui ne cherchent que des « corbeaux », ces curieux disposés à croire à toute information excitante, pourvu qu’elle soit une histoire racontée dans un journal, un site internet, les réseaux sociaux ou par une personne réputée de bonne source.

Malheureusement, ou heureusement peut-être, nos yeux sont tombés sur deux de ces vendeurs de journaux à la criée. Des journaux qui racontent tout et rien, qui mélangent vérité et mensonge pourvu qu’ils nourrissent la curiosité du pauvre kinois. En Unes : « Bemba sort de La Haye », « Moïse Katumbi répond à Kabila » et « Aubin Minaku blâme le général Kanyama ».

Étonnés, curieux et attirés par ces affiches, moi et tous les passants intéressés nous approchons d’eux, jusqu’à entourer les fameux vendeurs au point qu’ils se prennent pour des stars.

Déception

Les plus excités, attirés par les titres, achètent pour lire ensuite le fond. D’autres comme nous auscultent les pages, mot à mot, avant de donner l’argent, les 2 500 FC que coûtent ces morceaux de mensonges imprimés.

Quant aux premiers, ils seront surpris, arrivés à la maison, de voir que le fond, le contenu de ces journaux, ne parle en rien de ce qui est dit dans les titres. Pour ce qui est de Bemba, ils racontent l’histoire du procès sans en donner l’issue, car l’issue n’est pas encore connue – cela, c’est ce qu’expliquent les vrais journaux.

Sans aucune source, ils parlent de la rupture Kabila-Katumbi, sans évoquer la réponse qui fait l’objet de leur titre. Enfin, ils ne traitent de rien qui est en rapport avec un quelconque blâme que formulerait le président de l’Assemblée nationale au général Kanyama.

Quid des médias traditionnels ?

La situation est claire : les médias classiques (radio, télé, journaux…) sont, pour la plupart, soit de l’opposition – parlant alors des bienfaits de l’opposition –, soit du régime au pouvoir – parlant alors des bienfaits du gouvernement. Nous sommes en manque de médias centraux, ne véhiculant pas d’opinion partisane et donnant des informations sans les tordre. Au vu de cela, la population ne sait que faire ; elle continue à se faire arnaquer dans la rue, ne sachant à quel saint se vouer !

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