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Les victimes de viol oubliées par la justice

Pour comprendre ce phénomène, je suis allé à la rencontre d’une veuve. « Masika » : c’est son pseudonyme. « Je suis découragée de poursuivre le dossier judiciaire de ma petite fille âgée de 7 ans, car je manque d’argent à donner » explique cette femme mal coiffée et vêtue d’une robe bleue usée. Sa fille bien aimée a vécue un calvaire. Elle a été abusée par un homme de 30 ans.

Sa famille a porté plainte à la police de la protection de l’enfance mais elle a été confrontée à des sérieux problèmes. L’officier en charge du dossier, s’attendait comme d’habitude, au payement des « frais préliminaires » afin de « faciliter le travail ». Cette motivation pécuniaire est communément appelée « frais de carburant » ou de « communication ».

Forcer d’abandonner les poursuites…  

Dépourvue de moyens financiers, cette famille n’a pu satisfaire l’officier. « Si en plus de la peine subie par ma fille et ma famille, je dois encore m’endetter alors je préfére abandonner » confie-t-elle abattue.

Pourtant, les medias congolais diffusent des spots éducatifs dans lesquels l’Etat appelle les victimes de violences à la dénonciation promettant que les démarches seront gratuites ! Dans ces spots publicitaires, on insiste sur la « tolérance zéro en justice ».

Christelle Mukendi, activiste des droits de l’homme explique que le gouvernement a effectivement mis en place un programme nommé « Tupinge Ubakaji », « luttons contre les violences sexuelles ». Ce projet est financé et devrait permettre aux victimes de ne pas payer les frais judiciaires pourtant les gens continuent d’être rançonnés

L’implication du gouvernement est indispensable ! 

Je me suis donc rendu à la police spéciale pour la protection de l’enfance et de la femme afin de bien comprendre la situation. Et surprise, des pancartes situées devant les bureaux annoncent que les services juridiques sont gratuits pour tous. C’est merveilleux !

J’entame une discussion amicale avec un officier de la police judiciaire qui reconnait que l’appui de l’Etat reste « malheureusement insuffisant ». Alors qui paye le reste ?

Crise d’indépendance, règlement à l’amiable entre les victimes et les bourreaux tels sont les conséquences du manque de soutien de l’Etat et c’est inacceptable ! Le gouvernement doit s’impliquer financièrement et logistiquement tout en garantissant l’application effective de la loi pour tous pour qu’à l’avenir ce genre de cas puisse être jugé devant la justice !

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