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La liberté de la presse ne devrait pas faire peur au Congo

La presse incarne l’idéal d’un monde où, à travers l’image, l’écrit et la parole libres, le bien-être de tous est garanti. Elle incarne un monde où il n’existerait presque pas de secrets utiles ; où le mal et le bien sont pareillement mis au grand jour. Un monde transparent, ennemi du mystère, où l’information est un droit inaliénable.

Ainsi, dit-on à juste titre : « Pas de démocratie sans une presse libre ! » L’idéal de la presse libre symbolise alors l’aspiration à un monde démocratique, un monde qui promeut la bonne gouvernance, le respect de l’Etat de droit, la démocratie, la cohésion social, la paix, la diversité culturelle et le respect de la personne humaine. Tous les textes régulateurs du métier d’informer en témoignent.

Presse libre, vérité et démocratie sont liées

Parce qu’elle est une « alarme dérangeante », un « traqueur de mensonges », un « redresseur » et une « alerte contre les déviations », la presse libre incarne les aspirations citoyennes. Par sa vocation à garantir une parole libre et pluraliste, elle est un pouvoir pour les citoyens. Par son obligation de vérité, elle éclaire les choix et les actions citoyennes.

Eh bien oui, une presse libre joue un grand rôle comme vecteur dans des pays dits « démocratiques » qui se construisent. Peut être que nous ne le savions pas : il n’est possible de jouir de nos droits fondamentaux, de nous exprimer librement, de manifester et de penser que lorsque nous avons le soutien d’une presse libre.

Avant la passation « civilisée » du pouvoir au Congo…

Au Congo, avant la passation civilisée du pouvoir entre les présidents entrant et sortant, Joseph Kabila et Felix Tshisekedi, la liberté de la presse a exist, mais parfois sans exister. Puisque nous avions un pluralisme médiatique de façade, et même désordonné. Les nouveaux médias que nous avons encore aujourd’hui, concourent à renforcer des individus plutôt que des causes nationales comme les libertés publiques. Certains médias chantaient les louanges des politiciens pendant que nos compatriotes étaient en train d’être enterrés après des massacres à Beni. C’est choquant !

Durant cette époque, des journalistes sont morts, d’autres emprisonnés ou agressés, on a vu des médias fermés de but en blanc, et la liberté d’expression et d’informer était malmenée même par des administrateurs des marchés. Difficile de filmer même des immondices dans un marché alors que dans une ville comme Lubumbashi, l’épidémie de choléra était cachée au grand public pendant des mois (entre octobre 2018 et janvier 2019).

Cette situation a fait que beaucoup de Congolais de l’intérieur comme de la diaspora n’avaient que les réseaux sociaux pour s’informer et s’exprimer. Les Congolais lambda n’avaient plus accès à la bonne source d’information ou étaient réduits au seul son de cloche des médias accessibles, pas forcément choisis librement. Ce n’est sans doute pas pour rien que Reporters sans frontières a classé la RDC parmi les pays où il fait moins bon d’être journaliste.

Nouvelle ère de la presse en RDC

Pourtant, avec une presse libre, le pays a beaucoup à gagner : liberté d’expression et bonne gouvernance, dès lors que ceux qui sont appelés à gérer évitent que de mauvaises actions comme la corruption viennent un jour à être dévoilées. La démocratie s’exerce, et le pays augmente ses chances de se développer.

Ainsi donc, après cette première alternance de pouvoir en douceur au Congo, l’heure est venue de reconstruire une presse vraiment au service de la communauté. Plus question d’une presse au service des puissants.

 

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