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Mbujimayi : une ville sans société étatique de transport en commun

Pour tout transport en commun, la ville de Mbujimayi ne compte que des motos-taxis. Depuis plusieurs décennies, le gouvernement n’a plus mis à la disposition de la population des voitures ou des bus pour le transport public. Du coup, on se retrouve dans une ville où autorités et citoyens lambda se déplacent tous sur des motos-taxis, avec tous les risques d’accident que cela comporte.

Les seuls bus de transport public dont j’aie jamais entendu parler à Mbujimayi remontent à l’époque de Mobutu. Ils étaient appelés Sotraz (Société de transport du Zaïre). Paix à son âme, car cette société est décédée du vivant même de Mobutu. Depuis, plus rien en termes de transport public à Mbujimayi. Seuls ceux qui ont leurs propres voitures ont le plaisir de circuler confortablement dans les rues. Nous autres pauvres citoyens devons nous contenter de recourir aux motos-taxis.

Mbujimayi présente l’image d’un grand village sans infrastructures. C’est quand-même frustrant de voir que d’autres villes comme Kinshasa sont pourvues de sociétés étatiques de transport en commun, alors que le chef-lieu du Kasaï-Oriental n’a que ses motos-taxis. Les quelques rares taxis que l’on y aperçoit appartiennent à des privés qui fixent les prix des courses comme bon leur semble. Nos autorités ne se préoccupent que du recouvrement forcé des taxes. Imaginez que c’est courant de voir le maire de Mbujimayi et son garde du corps utiliser les motos-taxis pour se déplacer d’un quartier à un autre !

Les tracasseries fiscales

Il y a 10 ou 15 ans, la ville de Mbujimayi avait plusieurs bus privés pour le transport en commun. Tous les parkings étaient remplis de véhicules de transport : bus, mini-bus, etc.  Aujourd’hui, tous ces engins ont disparu. Les propriétaires ont dû fuir les tracasseries fiscales et installé leurs capitaux dans d’autres provinces où ils estiment que leurs affaires prospèrent et sont en sécurité.

Un responsable d’un établissement de transport à Mbujimayi dit toute sa déception : « J’ai quatre voitures que j’ai mises en transport en commun. Mais il y a trop de tracasseries fiscales à Mbujimayi. Cela m’a découragé. Les services de l’État nous font payer trop de taxes : Transcom, Sonas, DGRKOR, PSR, CNPR et bien d’autres. Il y a aussi le prix très élevé du carburant… Tout cela ne nous permet pas de faire des bénéfices. Par contre, nos collègues dans d’autres villes font de bonnes affaires. Voilà pourquoi j’ai décidé d’envoyer tous mes véhicules à Kinshasa. »  

À mon avis, le gouvernement provincial dispose des moyens pour créer une société de transport en commun. Hélas, il paraît que c’est la volonté qui manque.

 

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