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Ngandajika et Kamiji : retour au Kasaï-Oriental ou rien

Lors du redécoupage territorial de 2015, les territoires de Ngandajika et de Kamiji ont été, contre leur gré, séparés du Kasaï-Oriental et rattachés à la nouvelle province de Lomami. Là-bas, ils sont mécontents et s’estiment marginalisés à Kabinda, chef-lieu de Lomami. Et depuis 2015, ils jurent d’user de tous les moyens légaux pour revenir au Kasaï-Oriental.

Ces dernières semaines, les habitants de Ngandajika et de Kamiji ont intensifié des marches pacifiques dans la rue, réclamant d’être réintégrés le plus vite au Kasaï-Oriental. Sur leurs banderoles, le message est clair : « Retour au Kasaï-Oriental ou rien ! » Dans la diaspora de ces deux territoires, c’est le même discours. Un internaute écrivait : « Nous sommes du Kasaï-Oriental, nous devons rentrer au Kasaï-Oriental, point barre ! »

Ce mouvement prend de plus en plus d’ampleur à tel point qu’il me paraît nécessaire et urgent d’écouter les revendications de ces deux territoires. Essayer de les ignorer ou de les matter par la force ne sera que contreproductif et menacera inutilement la paix sociale, car rien ne semble arrêter les populations de Ngandajika et de Kamiji dans leur détermination à reprendre leur place dans la province du Kasaï-Oriental.

Les deux territoires persistent et signent

Lors des marches pacifiques organisées en décembre 2019 à Mbujimayi par les ressortissants de Ngandajika et de Kamiji, j’ai pu parler directement à certains d’entre eux. « Nous sommes tous Congolais. Nous aimons bien nos frères et sœurs de Lomami, mais notre place en tant que territoire c’est au Kasaï-Oriental. J’insiste : notre milieu naturel de vie c’est au Kasaï-Oriental », disait une manifestante. Et un autre manifestant d’ajouter : « On ne peut pas par la force envoyer des populations entières là où elles ne veulent pas. Séparer Ngandajika du Kasaï-Oriental c’est comme séparer la commune de Nd’jili ou de N’sele de Kinshasa pour les rattacher au Bandundu par exemple. Qui à Kinshasa peut accepter cela ? »  

L’article 218 de la Constitution donne à une fraction de la population le droit d’exprimer sa volonté par une pétition de 100 000 signatures. Sur ce point, la pétition de Ngandajika aurait déjà récolté plus d’un million de signatures, selon plusieurs sources.

Au Kasaï-Oriental, les habitants n’ont jamais digéré l’annexion de Ngandajika et de Kamiji à la province de Lomami. Pour eux, ce redécoupage territorial était politique et visait à affaiblir le Kasaï alors considéré comme le bastion de l’opposition. « Coupé de ses vastes territoires comme Ngandajika et Kamiji, le Kasaï-Oriental est devenu une minuscule province, la plus petite du pays. Aujourd’hui il est même difficile de la repérer sur la carte du Congo. Et donc pour nous, il est hors de question que Ngandajika et Kamiji restent dans la province de Lomami. »

 

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