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Le redécoupage territorial en RDC, facteur de résurgence du tribalisme

Le démembrement de la RDC en 26 provinces fait ressurgir des velléités liées au tribalisme ! Les ressortissants des anciennes provinces ont tendance à se regrouper entre eux, dans leurs districts devenus provinces, excluant les “étrangers” qui viennent pourtant de la même région. Les Katangais n’y échappent guère.

La subdivision de la RDC en 26 provinces, action administrative, est supposée catalyser le développement à la base, partant des collectivités locales. Mais ce redécoupage exacerbe surtout les tensions ethniques et favorise le tribalisme. Les institutions politiques et administratives sont les plus concernées, et même les entreprises publiques, hélas !

Des agents mutés dans leur province d’origine

Il existe des en effet des postes réservés à des ethnies à Lubumbashi, à Kolwezi, à Kamina et à Kalemie. « Nouvelle province » signifie « retour dans la province de ses ancêtres ». A Lubumbashi près de 200 agents de l’ancienne direction du trésor du Katanga, la DRKAT, doivent être répartis avec les nouvelles entités. Le ministre de la fonction publique et des finances de cette province affecte donc des agents dans d’autres provinces, ne pouvant pas à lui seul supporter toute la charge du personnel.

Mais quelle méthodologie ! Car ces agents du trésor de l’ex-Katanga sont renvoyés dans leur province d’origine. Cette procédure a suscité la colère et l’indignation des agents concernés et des associations politiques et de la société civile.

C’est cela la décentralisation ! Elle a accentué le régionalisme, le clanisme et le tribalisme, ce qui risque à terme de menacer la cohésion nationale.

Le redécoupage, n’est pas synonyme de chasse aux non-originaires

Le découpage n’est qu’une « réorganisation territoriale et administrative de la RDC », Joseph Kabila l’a dit un jour au Katanga. Mais qui l’a compris ? On aurait dû davantage préparer ce découpage, expliquer ce qu’il vaut pour le pays et les peuples. Le découpage ne devrait aucunement être compris comme une séparation des populations congolaises et encore moins comme une chasse aux “non-originaires”. Diviser les communautés de la RDC serait un frein au développement attendu de la décentralisation du pouvoir et de l’économie. Toutes mesures discriminatoires basées sur l’appartenance tribale, régionale ou sur les convictions politiques sont contraires à la loi et doivent être bannies

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