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ONG humanitaires au Kasaï-Oriental : aucun impact sur le terrain

Lorsque je circule à Mbujimayi ou dans d’autres coins du Kasaï-Oriental, il est presque impossible de rester 30 minutes sans voir passer un engin d’une organisation humanitaire internationale. Cela vous ferait croire que ces organisations travaillent beaucoup. Pourtant sur le terrain, on ne voit pas grand chose en termes d’impact de leurs interventions.

J’ai travaillé dans plusieurs villages où interviennent beaucoup de ces organisations internationales. Franchement, en réalité ce sont de simples promenades qu’elles font. Les enfants sont toujours malnutris alors que ces ONG nous rabattent les oreilles avec des projets de nutrition. Les routes sont toujours en état de délabrement, malgré des projets de réhabilitation financés à coup de millions de dollars. L’insécurité alimentaire qu’elles chantent d’avoir vaincue ou réduite continue à se poser avec acuité.

Je ne peux manquer de comparer l’action de ces organisations à celle de la Monusco à l’est du pays où les groupes armés continuent de sévir sans que la mission onusienne n’apporte des résultats escomptés depuis plus de 20 ans. A considérer les énormes budgets dont disposent ces organisations, on ne devrait pas imaginer un tel fiasco sur le terrain. Tout l’argent est plutôt dépensé dans des ateliers inutiles, des formations, des enquêtes, des brainstormings… Hélas, souvent rien de concret, rien comme réalisations à impact social d’envergure. La pauvreté de nos populations demeure inchangée. Seules les conditions de vie des agents de ces organisations s’améliorent.

Des interventions qui rendent paresseuses les populations

Depuis que nos frères et sœurs vivant à l’intérieur de la province savent qu’il y a des organisations  qui peuvent voler à leur secours, ils ne travaillent plus comme avant pour se prendre en charge. Du coup, ils deviennent paresseux et encore plus vulnérables. Il suffit qu’ils apprennent qu’une organisation X ou Y arrive bientôt dans leur village, ils passent parfois une semaine entière sans aller aux champs pour l’attendre. Et cela sans aucune garantie que cette organisation viendrait réellement dans le village. Et même si elle venait, devrait-on tout arrêter pour autant ?

Finalement, je me demande si ces ONG n’ont pas pour objectif de nous maintenir dans la pauvreté et de nous distraire avec leurs projets sans impact. Car, avec le statu quo sur le terrain, elles vont continuer à être financées pour faire un travail qu’elles ne finissent jamais. Un business dont elles sont les seules bénéficiaires au détriment de la population. Loin de moi l’idée de dire qu’elles se comportent toutes de la manière. Mais c’est un constat général.

Je lance donc un appel à mes frères et sœurs des villages à toujours travailler eux-mêmes pour résoudre leurs problèmes. Ces fameuses organisations viennent apparemment en tourisme chez nous. Voilà pourquoi sur le terrain, les résultats ne suivent pas.

 

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