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Les passoires pénitentiaires congolaises

On ne fait rien dans la demi-mesure en RDC. Dimanche 11 juin en début d’après-midi, ce sont neuf centaines de détenus qui se sont évadés de la prison de Kangbayi, dans la ville de Beni, à l’est du pays. C’est environ 95% de la population carcérale de cet établissement pénitentiaire.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, a indiqué à la presse que « sur 966 prisonniers, il ne reste plus que 30 détenus dans la prison ». La démesure est aussi au rendez-vous, en ce qui concerne les assaillants : les autorités parlent d’une centaine d’agresseurs armés, habillés en civil, qui auraient ouvert les portes des geôles, provoquant le décès de 11 personnes, dont 8 éléments des forces de l’ordre.

Un couvre-feu à Beni et à Butembo

Quelques heures après l’assaut, une réunion de crise a été organisée regroupant le gouverneur, le commandant de la région militaire, le commissaire provincial de la police et tous les services de renseignements. Pour les besoins des opérations de recherche, un couvre-feu a été décrété dès 18h30 à Beni et dans la ville voisine de Butembo. Prudentes, les autorités qualifient les agresseurs de « non-identifiés », même si certaines voix indépendantes évoquent de récents tracts des groupes Maï-Maï, déjà actifs dans la zone, qui affirmaient vouloir libérer « les leurs » retenus dans cette prison.

Des évasions à répétition

Ce drame carcéral n’est hélas pas isolé en RDC. En mai, ce sont 4 000 personnes qui s’étaient enfuies de la prison de Makala, à Kinshasa. Quelques jours plus tard, toujours dans la capitale, d’autres détenus s’étaient évadés de commissariats. De plus, concernant Beni en particulier, la société civile avait alerté les autorités, pas plus tard qu’il y a dix jours, par un communiqué de presse, sur les risques liés à la surpopulation de prisonniers parfois dangereux. Dans l’établissement, les détenus étaient trois fois trop nombreux.

L’attaque de Beni a effrayé les habitants de la zone de la prison, une cinquantaine de familles ont fui leur maison. Somme toute, l’endroit le plus sécurisé de la bourgade est aujourd’hui… l’intérieur de la prison désertée.

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