Une bibliothèque universitaire pour les recherches des étudiants
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Le plagiat de mémoires de fin d’études reste très ancré dans nos universités

Au lieu d’effectuer des recherches, lire des livres ou descendre sur le terrain pour récolter les données, certains étudiants prennent d’assaut Internet seulement. Ou, s’ils vont dans les bibliothèques universitaires, se ruent sur d’anciens travaux et les recopient mot à mot, phrase par phrase. Parfois, ils ne changent que les noms d’auteurs et des personnes à remercier. A la fin, est-ce cela un travail de fin de cycle ?

Comme chaque année, en juillet, c’est la fin officielle de l’année académique. Dans les universités, l’heure est à la finition et au dépôt de travaux de fin d’études ou mémoires. Dans une bureautique située non loin du campus de l’Université de Lubumbashi, un étudiant s’affaire devant un ordinateur. Son agitation attire mon attention et me pousse à prendre langue avec lui. L’étudiant, en année terminale, modifie un travail de fin d’études trouvé sur Internet, afin de le déposer avant la date butoir fixée par sa faculté. Il est sans doute pressé de déposer son mémoire en première session. L’enjeu est clair : prendre part à la cérémonie de confirmation de grades académiques, et tout ce qui va avec : port de toge, fête, selfies, exposition sur les réseaux sociaux…

Ce cas n’est pas isolé. De nos jours, au lieu d’effectuer des recherches, lire des livres ou descendre sur le terrain pour récolter les données, beaucoup d’étudiants recourent à Internet. S’ils vont dans des bibliothèques, c’est généralement dans le même but : copier, plagier. Certains étudiants, par procrastination ou faiblesse intellectuelle, font écrire par d’autres personnes leurs travaux de fin d’études. Parfois, ce sont des enseignants qui le font à leur place, ou les envoient vers des tiers. Cela moyennant une somme d’argent ou carrément le sexe.

Que faire pour lutter contre ce phénomène ?

La malhonnêteté scientifique, qui est une tricherie, est un sérieux problème. Non seulement elle soulève un débat moral, mais elle façonne un type de compatriotes qui s’habituent à la tricherie, au mensonge, à la corruption et à d’autres antivaleurs. Pour juguler ce phénomène, certaines autorités académiques ont limité l’accès des étudiants aux anciens mémoires en bibliothèques.

Paul Mwabila, alors conseiller du ministre congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire, dans une émission sur Radio Okapi, a constaté une chose dans nos universités : la massification de l’enseignement supérieur (tout le monde veut faire l’université). Il préconise le renouvellement du corps professoral (1000 professeurs à thèses pour 250.000 étudiants. Les professeurs sont débordés par le nombre d’étudiants à encadrer).

La mise en place d’une base de données nationales, je pense, obligerait les étudiants à effectuer réellement des recherches plutôt que de se contenter des « copié-collé » et de défendre des travaux déjà défendus.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Ça prouve aussi que les enseignants ne font pas assez de recherches. Comment un étudiant peut prendre un mémoire sur le net et le soumettre sans que ses enseignants arrivent à prouver que c’est du plagiat? Quand l’enseignant est rigoureux, aucun étudiant ne blague avec lui.

  2. Interessant comme sujet et nous répondons de la part de l’équipe congo memoire.

    Notre solution consiste à regrouper les travaux de fin d’études sur toute l’étendue de la RDC.
    Et nous travaillons sur des algorythmes de detection du plagiat.
    Vous pouvez visiter sur congomemoire.net

  3. Les professeurs qui dirigent les travaux ne sont pas très rigoureux et celà se justifie par le fait qu’ils ne font pas aussi des recherches. ils plagient aussi leurs thèses. C’est inadmissible qu’un professeur d’université ne soit à mesure de détecter un plagiat ou un travail tiré sur le net.