Une étudiante lors de la défense des travaux de fin d'études.
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La défense des travaux de fin d’études : une guerre entre profs et étudiants ?

Le programme de l’enseignement supérieur et universitaire a prévu une période de recherche, de rédaction et défense de mémoires et de travaux de fin de cycle, TFC. Cet exercice est réalisé par l’étudiant dans une discipline donnée. Mais je déplore le fait que parfois la défense des mémoires ou des TFC se transforme en une guerre de connaissances entre l’étudiant et ses enseignants.

Récemment, j’ai eu pitié d’une jeune étudiante qui défendait son travail de fin de cycle dans une université dont je tais le nom. La pauvre ! Elle est sortie toute traumatisée, tellement un des examinateurs l’avait coincée par des questions indigestes, des grands mots, des remontrances… Je me suis demandé s’il n’y avait pas un problème personnel entre eux, et que l’occasion était toute trouvée pour régler des comptes à l’étudiante. « Cet enseignant m’a vraiment torturée moralement », s’est exclamée la fille à la sortie.

Des « Je sais tout »

La question que je me pose est : la défense des travaux de fin de cycle est-elle une guerre entre récipiendaire et examinateur ? S’il me faut répondre, je dirais bien sûr que non. À mon avis, la soutenance de travaux de fin d’études devrait toujours être un temps de partage et non une guerre ou une compétition. C’est un moment solennel d’échange et de contribution à la science, à une profession… J’ai toujours dit que la science se complète. Il ne sert à rien de chercher des contradictions, ni de se livrer à une sorte de démonstration orgueilleuse du savoir et de l’intelligence.

En effet, personne ne connaît tout. Le professeur ne devrait pas chercher à humilier l’étudiant, mais plutôt l’aider à s’en sortir. L’étudiant à son tour devrait éviter de faire croire qu’il connaît déjà plus que son maître.

Il va sans dire que le nouveau chercheur étant à sa première expérience académique voudrait sans doute s’affirmer par son travail, en faisant valoir l’intérêt et la pertinence des résultats de sa recherche. De son côté, le professeur voudrait démontrer qu’il est bel et bien l’aîné scientifique du jeune chercheur. Mais dans tout cela, je dis à l’un et à l’autre que ce n’est pas une guerre. Vous n’êtes pas des ennemis.

La salle de défense comme ring

Parfois, le constat est désolant. Certains professeurs interrogent dans le but de nuire et de confondre le néophyte en profitant de ses erreurs et balbutiements. D’autre part, il se peut que le jeune chercheur ne maitrise pas son propre travail, ou transforme la défense de son travail en un lieu de démonstration maladroite de ses connaissances. Il faut l’aider gentiment  à revenir sur terre. Car il semble oublier qu’il n’est encore qu’un débutant.

Bref, je pense que le débat scientifique dans le cadre de la soutenance des thèses, TFC ou TFE, a son vrai sens lorsqu’il revêt un caractère de contribution à la science et à une profession donnée. C’est cela qui conduit à de nouvelles découvertes scientifiques, inventions et publications dans différents domaines. C’est la science et non la guerre !

Mariam Kabedi

 

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Les commentaires récents (0)

  1. La défense, ce mot dit tout. On se trouve devant le fruit de sa recherche et face aux jurés pour étaler en presqu’un quart d’heure sa connaissance ne serait-ce que sur un critérium bien connu. Les enseignants mal intentionnés existent, mais les étudiants moins conscients, on est connais de toute forme. J’ai eu à me présenter devant un jury pour défendre mémoire il y a juste une année, malgré la taille du jury, il fallait juste leur faire comprendre que l’essentiel n’est pas ce qu’ils ont fait de nous, mais plutôt, ce que nous faisons de ce qu’ils ont fait de nous.

  2. Et même alors, ce qui ce conçoit bien s’énnonce clairement. Au delà du stress, panique et autre facteurs qui indisposeraient le récipiendaire, si on a bien acquis ses cours d’Initiation à la recherche scientifique dirait avec aisance ses mots.

    1. Ce comportement mesquin est toujours observé chez certains enseignants irrationnels, inconscients,… Qui cherchent à faire comprendre au public qu’ils sont les savants oubliant cette phrase d’un célèbre philosophe « …tout ce que je sais je sais que je ne sais rien. Ceteris paribus

  3. Vraiment répugnant parfois les autres examinateurs le font dans le but d attendre le récipiendaire en coulisse pour leur demander l argent

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