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Qui pour contrôler aussi l’IGF ?

L’Inspection générale des finances (IGF) a le vent en poupe. Grâce à son travail, les finances publiques respirent la sérénité. Cependant, une récente polémique autour de ce service a attisé le débat autour de l’encadrement du travail de l’IGF.

Accusé par l’IGF d’avoir tenté de détourner 16 millions d’USD, le ministre de l’EPST, Tony Mwaba, a réagi en ces termes : « L’argent n’est pas encore disponible. Je suis avocat et professeur de droit. C’est un dossier de vengeance. »

Cette déclaration du ministre Tony Mwaba suffit à elle seule pour soulever la question d’abus de pouvoir ou de position par l’IGF. Pour le ministre, la chasse aux sorcières lancée contre lui par l’IGF serait en réalité une manière pour le patron de ce service de le punir. C’est parce que, trois jours après son arrivée à l’EPST, Mwaba a intercepté un paiement de deux millions de dollars de la Banque centrale du Congo (BCC) vers le compte de Veridos, une société allemande.

« Veridos voulait donner aux élèves du primaire des cartes biométriques moyennant le paiement de 5 euros par élève. J’ai dit que la gratuité est non négociable. Ce contrat ne passera pas. L’inspecteur Jules Alingete m’a appelé pour dire que le contrat concerne ses amis. J’ai les preuves des appels », explique Tony Mwaba.

IGF, une structure au-dessus de l’audit ?

Certes, le travail de l’IGF apporte des résultats probants, mais  il crée aussi des mécontents. Plusieurs personnes s’interrogent sur la mise à l’écart de Mwad de la CNSS alors que l’Inspection générale des finances l’a reconnu comme une des rares mandataires des entreprises contrôlées par l’IGF à avoir une somme importante logée dans les comptes de l’entreprise. A l’ex-Onatra, le PCA José Makila a protesté pour avoir été suspendu avant même d’être entendu par la mission de l’IGF.

Le 10 juin dernier, Jules Alingete a décidé de doubler la rémunération des inspecteurs pour les motiver davantage. « Je l’ai fait sans demander un moyen supplémentaire au gouvernement. Ce qui était comme frais de fonctionnement alloué au service, je l’ai orienté vers la motivation des agents et inspecteurs de l’IGF », a-t-il pris le soin de préciser.

Insuffisant cependant pour convaincre l’opinion. Sur Twitter, certaines personnes ont qualifié cette décision de détournement car l’IGF n’a pas les habilitations de procéder à une réévaluation salariale. Une autre personne a estimé que la décision d’Alingete n’était pas différente de ce que son service reproche aux entreprises.

En août, l’IGF a annoncé la réhabilitation de son amphithéâtre sur « fonds propres ». Là encore, les internautes se sont indignés. « La notion de ‘fonds propres’, pour une agence de l’État qui ne génère pas des recettes, est impropre », a fait savoir Roger Kankwende dans un tweet. Un autre tweet interroge plutôt sur le processus de passation du marché.

Face à ces réclamations, je pense qu’il est temps de trouver les voies et moyens de mieux encadrer l’excellent travail de l’IGF. Nécessité d’un contre-pouvoir oblige.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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