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IGF, un sigle qui fait trembler ministres et mandataires publics en RDC

Jamais un service de l’État n’avait autant fait peur aux dirigeants congolais. Depuis près d’une année l’inspection générale des finances (IGF) fait souffler un vent terrible, et tout le monde en parle dans le pays. Cet organe de l’État est devenu un instrument incontournable dans la lutte contre les détournements des deniers publics.

En vue de décourager la mauvaise gestion des dirigeants et des mandataires publics, un spot publicitaire passe au début de chaque journal de la télévision nationale, RTNC. On y voit le comédien Fiston Saisai jouer le rôle d’un ministre dont les détournements des deniers publics ont été révélés par un contrôle des inspecteurs des finances. Le « ministre » Saisai a été jugé et condamné à 20 ans de prison…

La leçon à tirer de ce spot est que vous pouvez mal gérer les deniers publics, mais tôt ou tard vous finirez par être rattrapé par la justice. Bien sûr, l’IGF n’est pas la justice, mais elle transmet les conclusions de son contrôle aux autorités et à la justice. Des exemples des personnalités suspendues de leurs fonctions et livrées à la justice après un contrôle de l’IGF sont légion.

L’IGF stimule la bonne gestion

Sans nul doute, l’IGF est en train de contribuer à la moralisation de la vie publique  et à l’assainissement de la gestion financière des services de l’État. Désormais, les gestionnaires de la chose publique ont peur du contrôle de l’IGF. Cela les pousse à bien gérer les fonds qu’ils reçoivent de l’État. En d’autres termes, l’IGF stimule la bonne gestion et son action a un effet dissuasif sur les gestionnaires tentés par les détournements.

Lorsque les inspecteurs de l’IGF pointent du doigt des malversations financières dans une entreprise publique, un service de l’État, etc., les noms des responsables de ces services font la une des médias, et leur réputation en pâtit. Du coup, personne ne voudrait mal gérer de peur qu’un contrôle de l’IGF ne ternisse son image et qu’il finisse en prison.

Nous voulons une IGF dépolitisée

Très souvent les dirigeants politiques ne respectent pas la séparation des pouvoirs. Ils veulent contrôler la justice, la Céni, les églises, etc. Nous exhortons l’IGF à travailler en toute indépendance, sans subir de pression politique. Il ne faudrait pas que le travail de l’IGF se transforme en un règlement des comptes visant à nuire aux adversaires politiques. Si ce service travaille correctement, il sera l’un des piliers fondamentaux d’un véritable État de droit.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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