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Qui viendra sauver le processus électoral du déraillement ?

Apollinaire MaluMalu, l’ancien président de la CENI qui a établi le premier calendrier électoral, aujourd’hui dépassé, a démissionné. Une nouvelle équipe est maintenant à la tête de la centrale électorale.

Sur la voie du déraillement?

Corneille Nangaa est le nouveau président de la CENI. En mi-janvier, il déclare à la presse que de nombreux préalables sont à remplir avant l’organisation effective des élections dans les délais constitutionnels. Il précise également que le véritable obstacle demeure, à savoir : les divergences entre les hommes politiques congolais.

A son tour, le 28 janvier, la commission africaine pour la supervision des élections (Case) demande à la CENI d’informer la population de son impossibilité d’organiser les élections dans les délais prévus par la constitution. La Case explique notamment que pour les scrutins de 2006 et 2011, 14 à 15 mois ont été nécessaires pour la révision du fichier électoral. Or, les acteurs politiques et les bailleurs de fonds réclament justement une révision de ce fichier pour assurer la crédibilité des élections. Ainsi, si cette exigence doit être satisfaite, il faudra donc dépasser la limite fixée par la constitution pour voir l’organisation des élections se concrétiser en RDC.

Quelle direction prendre?

En raison de cette crise, le pouvoir propose l’organisation d’un dialogue national, présenté comme le cadre qui permettra de régler les désaccords. La majeure partie de l’opposition congolaise rejette cette idée qu’elle considère comme une stratégie du chef de l’Etat pour se maintenir au pouvoir. Ainsi, des ténors de l’opposition tel qu’Etienne Tshisekedi, le groupe des sept partis frondeurs (G7) et des organisations de la société civile tel que le Front citoyen s’y opposent. Les politiciens se livrent à une véritable guéguerre et sont incapables de se mettre d’accord afin de trouver des alternatives pour éviter le déraillement du train électoral. On peut donc imaginer une série de scénarios qui peuvent se réaliser en 2016.

Plusieurs scenarios possibles?

Quelques acteurs politiques souhaitent la mise en place d’une transition d’une durée de trois ans. Steve Mbikayi, président du Parti Travailliste et membre de la plateforme opposition nationaliste, soutient cette hypothèse. Le 9 janvier 2016, il propose que les partis politiques et la société civile se mettent autour d’une table pour réfléchir à la forme que pourrait prendre cette transition. Selon lui, cette idée est préférable à l’organisation d’élections précipitées qui pourraient plonger le pays dans une crise postélectorale suite à une éventuelle contestation des résultats. La RDC pourrait également s’inspirer du peuple Burkinabé qui a pris son destin en main. En janvier 2015, les congolais décidaient d’amener le parlement à retirer de la loi électorale une disposition controversée qui liait la tenue de la présidentielle à un recensement de la population. Plusieurs journées de contestation s’en sont suivies. Le peuple va-t-il rééditer cet exploit en cas de non-respect de la constitution? D’autres scénarios sont plausibles. Mais quel que soit le scénario qui se produira, des conséquences désastreuses sont à envisager : naissance de rébellion, destructions, décès…

Tout n’est pas encore perdu

Malgré cette perte de vitesse et ce voyage sur pente qui peut provoquer un glissement, le train électoral peut encore être redressé et revenir sur les rails. L’élection présidentielle reste actuellement le seul scrutin dont le délai est clairement stipulé par la constitution. Il est donc possible de surseoir les autres scrutins et de se concentrer sur l’organisation de la présidentielle car la non tenue de ce scrutin pourrait entraîner de nombreux troubles.

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