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Céni RDC : à qui profite le dialogue réclamé par les acteurs politiques ?

Face aux divergences au sujet de la composition de la Commission électorale nationale indépendante, plusieurs acteurs politiques pensent qu’il faut convoquer un dialogue. Pour eux, c’est la seule voie de sortie. Mais la question que je me pose c’est : à qui profite ces différents dialogues ?

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU reconnait cinq piliers de la bonne gouvernance. Croyez-moi, le dialogue n’en fait pas partie. Pourtant, notre pays a déjà enregistré plus d’un dialogue, et à chaque fois cela est présenté comme la seule solution. Pourtant, quelque temps après, rien ne marche et on se retrouve à nouveau à la case départ. On cherche un nouveau dialogue.

Parmi les cinq piliers de la bonne gouvernance cités par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, on retrouve « la capacité de répondre aux besoins de la population ». Mais, est-ce que les différents dialogues et accords politiques intervenus dans notre pays, ont réellement été bénéfiques à la population ? Pourquoi les leaders politiques africains, les Congolais en particulier, affectionnent-ils le dialogue politique ?

Intérêts personnels des individus

Essayez de passer en revue les différents dialogues politiques que nous avons eus dans notre pays, vous vous rendrez compte qu’ils n’ont profité qu’à quelques individus. Généralement, les conclusions des dialogues politiques en RDC confèrent des avantages et de meilleurs repositionnements aux leaders politiques de l’opposition, du pouvoir en place ainsi qu’aux représentants de la société civile. Bref, le dialogue politique n’est qu’un partage de gâteau entre ceux qui y prennent part.

Instrumentalisation de la population

L’une des stratégies des politiciens congolais, qui malheureusement fonctionne très bien, c’est la manipulation. En réalité, les leaders politiques n’ont aucune force sans l’aide de la population. Conscients de cela, les politiciens véreux exploitent la population à des fins personnelles. Ils présentent donc les dialogues et accords de paix comme seuls moyens d’éviter un bain de sang. Pour dire, si le pouvoir en place n’organise pas de dialogue, l’opposition et la société civile organiseront des manifestations qui souvent finissent par dégénérer. Des marches dites pacifiques qui se soldent par plusieurs morts et blessés. Ainsi, la population est utilisée comme un moyen de pression pour des intérêts égoïstes de quelques individus.

Actuellement, les voix de l’opposition ainsi qu’une partie de la société civile se lèvent pour réclamer la dépolitisation de la Céni et l’organisation des prochaines élections dans le délai constitutionnel. Dans le cas contraire, le dialogue serait l’unique solution. Ce qui signifie que les politiques pourront continuer à faire partie de la composition de la Céni et les élections pourront ne pas être organisées dans le délai. Pourvu qu’il y ait partage de gâteau.

De ce fait, nous pouvons conclure que le dialogue politique ne répond nullement aux besoins du peuple congolais. Seuls quelques individus en tirent profit.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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