article comment count is: 0

Entre religion et corruption : quel est le père et quel est le fils ?

Encadrer les brebis et prêcher un message de paix et de cohésion, c’est parmi les missions de nos églises. Mais au vu de tous les maux dont souffre la RDC et du fait que les croyants y constituent la majorité de la population, ne devrait-on pas questionner le rôle de la religion dans la moralisation de la société ?

Je me suis interrogé sur le rapport entre pauvreté et religion sous plusieurs angles, mais c’est la corruption qui a retenu mon attention. Les Églises elles-mêmes sont-elles à l’abri de la tentation de la corruption ?

En lisant la Bible, je tombe sur un passage évocateur. Dans Actes des Apôtres 8, 18-19, un magicien du nom de Simon, voyant que le Saint-Esprit qui accomplissait des miracles pouvait se donner par l’imposition des mains des Apôtres, proposa de l’argent à Pierre et à Jean pour l’avoir.

Cette pratique semble s’être perpétuée dans notre expérience de la religion. Offrir des offrandes à Dieu ou au culte dans le but d’être béni en retour, n’est-ce pas là une autre façon d’acheter des bénédictions ? Oui, me répond un étudiant en théologie qui la compare au commerce des indulgences avant la Réforme luthérienne.

Blanchir l’argent des hommes chez Dieu

Les églises sont devenues de nouveaux canaux utilisés par les maffieux pour blanchir de l’argent sans éveiller les soupçons. C’est le cas de la Banque du Vatican, où 5.000 comptes appartenant à des inconnus et n’ayant aucun lien avec l’Église avaient été fermés en 2016. Le pape François a même émis un décret anti-corruption pour renforcer la transparence financière au sein de l’Eglise catholique.

Les fidèles ont-ils le droit d’exiger des comptes de leurs pères spirituels ? L’exercice peut s’avérer difficile et le risque que les fonds soient gérés de façon opaque est grand. Je pense que nous devrions appliquer le même niveau de redevabilité dans nos congrégations tout comme nous le faisons des gestionnaires de la chose publique.

Hormis des églises plus anciennes, les mécanismes de contrôle et de transparence ne sont pas intégrés partout. Et la dissociation entre le domaine religieux et la gestion financière, fait l’objet de débats. Mais les récents développements de la campagne initiée par les églises anglicanes et catholiques du Kenya, prouvent que les structures religieuses ne sont pas à l’abri de la corruption et que si l’Église ne prêche pas par l’exemple dans ce domaine, ses ouailles n’en feront pas autant.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion