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Route Rutshuru-Goma : donner de l’argent aux FARDC ou être braqué

Avant de vous engager sur la route Rutshuru-Goma, il faut vous armer non seulement de courage et de patience, mais aussi et surtout de billets d’argent à remettre à tous les checkpoints des militaires. Sinon ils ne vous laisseront pas passer. A moto, ce trajet d’environs 70 km – en état de délabrement très avancé – est aussi éprouvant pour les conducteurs que pour les voyageurs.

Ce sont des militaires congolais qui se transforment en coupeurs de route. Munis d’armes à feu et de bâtons, ils ont érigé au moins 12 barricades où ils arrêtent les motos. Pour passer à chacune de ces barrières, il faut obligatoirement verser 200 ou 500 FC, sinon ce sont des coups de fouet qui vous aideront à le faire !

Pourtant au départ, les militaires affectés sur cet axe Rutshuru-Goma étaient des hommes un peu plus courtois. Ils savaient demander poliment quelque chose aux passants sans pour autant leur barrer la route. Ces militaires disaient souvent : « S’il vous plaît, aidez-nous même avec 50 FC pour acheter une cigarette, nous ne sommes pas payés. » Et les usagers de cette route étaient souvent prêts à leur glisser rapidement un billet dans les mains.

Quand l’aide devient une obligation

Des quémandeurs gentils qu’ils étaient, ces militaires des Forces armées de la RDC se comportent désormais en agresseurs qui rançonnent les voyageurs. Cette fois, ce n’est plus 50 FC qu’ils demandent, mais ils exigent plutôt 200 ou 500 francs congolais. « Lorsqu’ils voient venir une moto, deux ou trois militaires portant armes et bâtons, barrent le passage en se mettant au milieu de la route », explique un conducteur de moto-taxi. Il faut donner l’argent, c’est obligatoire. « Si vous essayez de les esquiver, ces militaires vous donnent des coups de fouet dans le dos et vous menacent avec leurs armes », renchérit le chauffeur de taxi-moto.

C’est le même calvaire à l’aller comme au retour au niveau de toutes les positions militaires sur le tronçon routier Rutshuru-Goma, j’en ai compté une douzaine. En fait, nul n’est épargné par cette tracasserie des hommes en treillis, même les vieillards, les femmes enceintes et les enfants. « Je crois qu’ils sont souvent drogués, c’est pourquoi ils n’hésitent pas à arrêter les gens en pointant leur canon droit devant eux. Ils vous injurient et vous violentent », témoigne Adeline, une mère de famille ayant récemment emprunté cette route.

Un autre motard se plaint du fait que le phénomène ne lui permet pas de réaliser ses recettes comme avant : « Avec ces militaires, nous nous sentons dans une insécurité totale sur la route. À chaque voyage, on est victime d’extorsions et de barricades qui nous prennent au moins 3000 FC par jour maintenant ! » Sous prétexte de ne pas être payées, les FARDC gagnent de l’argent en rançonnant les citoyens ! C’est injuste, mais c’est la réalité ici au Nord-Kivu.

 


Vous pouvez relire sur Habari RDC : Dans les Kivu les taxes routières financent les groupes armés

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Commentaire *c’est vraiment tres desolant car j’ai fait ce troncon hier en aller retour. En essayant de compter ces checkpoint moi je me ss fatigue et enfin me ss dit qu’ils s’en prennent a eux meme car personne ne les a suggerer ce choix de metier

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